Il y a le feu à Grenoble

Publié le par Bastien



Transversale(s) débute sa saison sur un coup de gueule après la 6ème journée de Ligue 1. On aurait pu parler du festival de buts entre l'OM et Montpellier (4-2) ou entre Sochaux et Valenciennes (2-5), mais les "supporters" grenoblois en ont décidé autrement.

Pourtant, ils en ont vu des buts, eux-aussi, pendant Grenoble-Rennes (0-4) ; malheureusement, ils étaient tous du mauvais côté. Une bonne grosse branlée à la maison qui vient couronner un début de saison catastrophique, puisque les Isérois n'ont pas inscrit le moindre point depuis le début du championnat et pointent donc à la 20ème et dernière place du classement.

Invisibles sur le terrain, les Grenoblois avaient donc décidé de se faire remarquer en tribune. Et en ce moment, le truc à la mode, c'est de réussir à faire interrompre le match par n'importe quel moyen : fumigènes, bombes artisanales...

Cette saison, les précurseurs en la matière étaient les "supporters" montpelliérains, qui avaient accompli la prouesse de faire prendre le risque à leur équipe de perdre le match sur tapis vert alors qu'elle menait face à Nice, en balançant pétards et autres artifices en tout genre sur la pelouse. Rappelons tout de même que sur cette même pelouse, un pompier avait perdu plusieurs doigts il n'y a pas si longtemps que ça à cause d'agissements similaires...

A Grenoble donc, les supporters ne sont pas contents, et ils le montrent. Au stade des Alpes face à Rennes, c'était spectacle son et lumière : ça pète, ça fume, ça brille, ça pique les yeux et ça fait mal aux oreilles ; bref, un 14 juillet sur un terrain de foot, les sourires émerveillés en moins. Résultat : match arrêté pendant un bon quart d'heure, et CRS déployés jusqu'à la fin du match. Pour un simple match de foot...

Alors, à qui la faute ? A ces imbéciles qui se félicitent de leur geste sans en imaginer les éventuelles conséquences, évidemment. Des conséquences qui peuvent être dramatiques si par malheur quelqu'un se retrouvait touché par un objet venu des tribunes, comme ce fut le cas pour ce pompier. Mais les conséquences peuvent aussi prendre la forme de sanctions : interdictions de stade, dissolution de groupes de supporters, match à huis-clos, retrait de points pour le club (encore faudrait-il qu'il en ait)...

Mais la question est : comment ce genre d'objets peuvent-ils être introduits dans un stade de foot, quand on connait les mesures de sécurité censées être appliquées à l'entrée ? Manifestement, tous les spectateurs ne sont pas fouillés comme vous et moi. On interdit à un gosse de rentrer dans le stade avec sa bouteille de jus d'orange parce que "si quelqu'un balance ça sur la pelouse ça peut être dangeureux", et à côté de ça certains passent sans problème avec une bombe artisanale dans le sac à dos, cherchez l'erreur...

Toujours est-il que l'on assiste actuellement à une banalisation et à une généralisation de la violence, et ça c'est grave. Ces comportement qui nuisent à l'image du football (et à la santé de certains) doivent donc être sanctionnés sévèrement, sans quoi on reverra ces mêmes scènes tous les week-ends dans les stades : ce soir à Grenoble, hier les Parisiens à Monaco, avant-hier les Montpelliérains à Nice...

Nice où le président Maurice Cohen a d'ailleurs manqué de se faire étrangler ce soir par un groupe de Yamakasi à l'assaut de la tribune présidentielle... Et dire que les ultras n'étaient même pas là, quand on voit ce à quoi ressemblent désormais les supporters "modérés", ça fait réfléchir...



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