A quoi jouent les Niçois ?

Publié le par PYZ Bastien

 

L'OGC Nice vit une saison 2009-2010 bien difficile. Dans la deuxième moitié du classement depuis le début de saison, éliminé de toutes compétitions nationales, les objectifs pour la nouvelle année sont clairs puisqu'ils se résument désormais au maintien en Ligue 1. Une Ligue 1 qui n'a jamais semblé autant s'éloigner depuis la dernière montée du club en 2002.

 

Si Nice conserve un petit matelas d'avance (six points) sur Saint-Etienne, premier relégable, les nouvelles ne sont quand même pas très rassurantes. Pour trouver des signes de vie, il faut remonter au 22 novembre de l'année dernière, avec une victoire étriquée, 1-0 face à Toulouse. Depuis, il y a eu deux matchs nuls face à Grenoble et Boulogne, relégables en puissance et candidats déclarés à la Ligue 2. A part ça, que des défaites, dont la dernière en Coupe de France a laissé des traces. En effet, les Aiglons ont accompli un authentique exploit en étant la seule équipe de Ligue 1 éliminée par une équipe d'une division inférieure (et pas des moindres, puisque Plabennec évolue en National avec le plus petit budget et flirte avec la relégation en CFA).

 

Pourtant, l'OGC Nice a tout sauf l'effectif d'un relégable. On ne joue pas le maintien avec un Loïc Rémy dans l'équipe, c'est tout. Non, le mal semble plus profond que la vérité du terrain. Comme une ambiance pourrie en coulisses, loin de l'esprit de franche camaraderie.

 

Il faut dire que la période de transition issue du grand branle-bas de combat initié l'été dernier est jusqu'à aujourd'hui un véritable désastre. En fait, le club n'a toujours pas digéré le départ de la paire Antonetti – Cohen qui était synonyme de stabilité. On sait tous que le Corse est sanguin et capable de pousser des gueulantes monstrueuses ; mais surtout, il savait fédérer et mobiliser tout un groupe autour d'un même objectif, lorsque le côté humain prend le dessus sur l'aspect tacticien. Le deuxième, Cohen, cachait bien son jeu. Un président au sang-chaud, là où la plupart l'ont froid, qui n'hésitait pas à s'exposer dans les médias pour protéger son équipe. Un travail de fond qui commence seulement à se savoir depuis son départ.

 

Maintenant, regardons du côté des remplaçants. Ollé-Nicolle a succédé à Antonetti, et entre les deux, c'est un peu le jour et la nuit. Contrairement à Antonetti, adoré des supporters et béni par les journalistes pour ses conférences de presse mémorables, Ollé-Nicolle, adoubé trop tôt après ses bons résultats à Clermont, est loin de faire l'unanimité. Chez les supporters, mais aussi jusque dans ses propres rangs. Ollé-Nicolle n'hésite à balancer sur ses joueurs dans les médias et ça, ce n'est jamais bon pour un coach, qui se met en instances de divorce tout seul.

 

Du côté de la direction, le changement est tout aussi radical. Au bouclier Cohen a succédé Stellardo, un président « à la libanaise » comme dirait Dassier, dont on ne sait pas grand chose à part son engagement en politique. Après s'être chargé de l'éxécution de Cohen, Stellardo a propulsé son bras droit Patrick Governatori en tant que directeur général. L'homme paraît tout aussi mystérieux (pour ne pas dire sombre) que son complice. Vous me direz, c'est toujours un moindre mal quand on sait que Tapie aurait pu revenir aux affaires sur la Côte d'Azur, mais quand même...

 

En tout cas, ces deux-là n'ont pas tardé à se faire remarquer, dans la plus pure tradition niçoise. Stellardo passe son temps à démolir la stratégie de ses prédécesseurs à la tête du club, tout en présentant un bilan désastreux. Governatori, lui, fait dans l'événementiel. Et l'événement du moment, c'était la suspension de Bagayoko jusqu'au 15 janvier après son expulsion à Lens pour jeu dangeureux, avec circonstances aggravantes (insultes envers le corps arbitral, animé par le brave Tony Chapron). L'OGC Nice a fait appel, et la sanction a été alourdie au 15 février. Ce qui nous a valu cette belle sortie médiatique de Governatori : « Le club est pénalisé par de vieux croulants moralisateurs accrochés à leurs privilèges. Je crois qu'on ne nous aime pas ». A trop vouloir jouer avec le feu, on finit par se brûler les doigts...

 

L'appel concernant le cas Bagayoko n'aurait de toutes façons pas changé grand chose, puisque Bagayoko est à la CAN et ne devrait pas en revenir avant fin janvier. Les Niçois ont en revanche été plus lucides sur le cas Apam, en décidant de ne pas faire appel de la suspension du joueur après son pétage de câbles contre Marseille (coup de boule sur Heinze et déclenchement d'une baston générale dans les vestiaires). Mais comme pour Bagayoko, un appel pour Apam n'aurait là-encore pas servi à grand chose, puisque Apam est actuellement à la CAN lui-aussi. D'ailleurs, les Niçois ont carrément affrété un avion spécial pour l'Angola, puisqu'avec Apam et Bagayoko, ce ne sont pas moins de huit joueurs qui sont retenus par leur sélection (Bamogo, Faé, Mouloungui, Ben Saada, Traoré, Poté).

 

Un sacré trou dans l'effectif, que le staff niçois tente de combler par des arrivées. On compte pour le moment deux renforts de poids, avec Digard et Civelli. Un ancien parisien parti « muscler son jeu » en Angleterre, et un ancien marseillais qui aura finalement réussi à faire son trou à l'OM avant le grand ménage orchestré par l'arrivée conjointe de Deschamps et Dassier ; ça ressemble à deux vrais bons coups sur le mercato. Deux arrivées qui en appelleront peut-être d'autres. Mais le problème niçois est-il vraiment sur le terrain ? Difficile de répondre.

 

Demain soir, Nice se déplace à Montpellier (toujours sur le podium de la Ligue 1), avec Digard et Civelli donc. Mais sans ses Africains partis à la CAN, et sans Gace, Echouafni et Quartey, tous blessés. Décidément, les temps sont durs sur la Côte d'Azur...


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