Adios Madrileños, gracias Aulas !

Publié le par PYZ Bastien

 

Sortez les mouchoirs : le Real Madrid est au tapis ! L'équipe la plus chère de l'histoire du football, cette constellation d'égos, les nombrilicos, les narcissicos – appelez-les comme vous voulez – sont eliminados.



Ronaldo.jpgEncore un peu de vaseline pour faire passer la pilule Cristiano ?



Pour célébrer cet échec grandiose (et surtout la victoire historique de l'OL en fait), il me vient soudainement l'envie de faire du AS ou du Marca. Mais si, vous savez, ces quotidiens sportifs espagnols dont le traitement de l'information repose uniquement sur trois axes : un parti-pris pleinement assumé, une amplification phénoménale du résultat (victoire ou défaite), et une réduction de l'adversaire au rôle de vulgaire sparring-partner. Quelques tendances lourdes qui ont pris des airs de sport national ces derniers jours.


Si nos voisins ibères criaient leur fierté (légitime, pour une fois) d'avoir corrigé les Bleus au Stade de France la semaine dernière, ils ont loupé une occasion de se taire dans l'avant-match de ce Real-OL, joueurs et médias confondus. A commencer par Sergio Ramos, très bavard cette semaine. Pour ses retrouvailles avec Lloris et Toulalan, Ramos avait prédit un bon 3-0 net et sans bavure pour le Real face aux « petits » Lyonnais. La presse nationale et les supporters s'attendaient aussi à ce que ce match ne soit qu'une simple formalité pour le Real. « Fingers in the nose », en gros.


C'était oublier que l'OL a ses petites habitudes face au Real : 3 victoires à domicile, 3 nuls à l'extérieur, 0 défaite, série en cours. C'était aussi omettre un autre « détail » : Lyon marque toujours face au Real. Et comme le Real termine rarement ses matchs sans scorer, la clé du match, c'était donc forcément d'essayer d'aller marquer ce « petit but qui fait du bien » (ce que les Lyonnais ont su faire), pour obliger le Real à marquer à trois reprises (ce que les Madrilènes n'ont pas su faire, malgré les prémonitions de Ramos).



Lloris-Kaka.jpgLà on flippe un peu quand même...

 


Pourtant, quand on voit le début de match, on n'est pas loin de penser que Ramos n'était pas loin d'avoir raison. Car les Lyonnais se sont fait bouffer pendant les 45 premières minutes. Lloris a sauvé la baraque par deux fois devant Kaka (dont la première sur la première action du match). En revanche, il a oublié de serrer les fesses sur l'ouverture du score d'un Ronaldo on fire. Avant de se trouer devant Higuain, qui fait parler sa précision diabolique en trouvant le poteau seul face au but vide. Du côté de l'attaque, rien à se mettre sous la dent, si ce n'est les longs ballons injouables sur lesquels Lisandro se fait bouffer en physique et en vitesse pure par Albiol et Garay, les contrôles plus qu'approximatifs et les facéties du pied gauche de Govou. Même Makoun, pourtant transcendé par la LdC, se troue complètement sur la seule demi-occasion des Lyonnais en première mi-temps. Lyon court après le ballon, la possession de balle en faveur du Real est insolente ; bref, c'est pas la joie. Mais la chance de l'OL est là : le Real ne parvient pas à tuer le match, ce qui permet aux Gones de rentrer aux vestiaires avec ce petit 0-1. On n'en demandait pas tant.


Le deuxième tournant du match après l'offrande d'Higuain, c'est justement le quart d'heure de répit qui suit. Puel profite de la mi-temps pour sortir Boumsong et Makoun et pour lancer Kallstrom et Gonalons dans la bataille. Il ne reste plus qu'un seul changement aux Lyonnais alors qu'à ce moment-là, on se dirige vers une prolongation. Mais en fait, le coup de folie de Puel n'en n'est pas un. Tout d'abord, parce qu'il ne s'agit pas de coaching mais plutôt d'un cas de force majeure (blessures de Boumsong et Makoun). Mais surtout, parce que c'est bien la fraîcheur physique des Lyonnais, ragaillardis par un peu de sang frais, qui fait la différence en deuxième mi-temps. Maintes fois critiquée (jusque dans ses propres rangs, remember Cissokho), l'approche de Puel, axée sur le physique, porte enfin ses fruits, qui plus est au plus haut niveau européen. Claude savoure.


Le changement est radical : finis les longs ballons pour envoyer Lisandro au charbon, l'OL remet le pied sur le ballon et commence enfin à préparer et à développer des actions construites. C'est d'ailleurs sur l'une d'entre elles que vient la délivrance : Kallstrom à la baguette, Delgado qui percute, remise astucieuse (ou involontaire ?) de Lisandro, et Pjanic (à côté de ses pompes jusque-là) sort de son silence et surgit au beau milieu de la nuit madrilène pour porter le coup de grâce – ou plutôt la banderille fatale – à un adversaire à l'agonie. Delgado et Lisandro pouvaient bien s'offrir le luxe de rater deux face-à-face devant Casillas, le match était déjà plié.



Kallstrom.jpg
Ni du Brésil, ni d'Argentine : la puissance vient de Suède !



Le résultat 90 minutes plus tard (même pas 120 étant donné que le Real n'a pas été foutu de décrocher la prolongation), c'est donc que c'est bien Lyon qui jouera les ¼ de finale et le Real qui passe à la trappe. Il n'en fallait pas moins pour que la crise pointe le bout de son nez à Madrid. La finale à Bernabeu, les joueurs du Real la regarderont des tribunes (ou de leur télé pour les moins maso d'entre eux). Les rêves de finale à domicile envolés, place au bilan. Higuain et Pellegrini, les deux argentins en première ligne sous le feu des critiques, devraient laisser des plumes dans l'histoire. Le premier aura du mal à se remettre de ce qu'il va prendre dans la tronche toute cette semaine pour avoir manqué l'immanquable. C'est Benzema qui doit savourer d'avoir quitté l'OL au meilleur des moments... La tête de Pellegrini est aussi mise à prix.


A ce propos, il faut voir la manière assez hallucinante avec laquelle les médias espagnols analysent la déroute du Real. Par exemple sur le site de As, on trouve un sondage pour déterminer le premier responsable de l'échec du Real :

1. le banquier (Florentino Perez).

2. le directeur sportif (Jorge Valdano).

3. le psychologue (Manuel Pellegrini).

4. les joueurs.

A noter que les joueurs apparaissent tout de même en dernier dans la liste. Mais surtout, qu'il n'y a pas de cinquième catégorie pour citer l'Olympique Lyonnais. Enfin, l' « Olympique de Lyon » comme ils disent...


Comme quoi l'argent ne fait pas tout. Madrid s'est vu trop beau trop tôt. Les déclarations teintées d'arrogance des Madrilènes avant le match se sont retournées contre eux, et ont surtout eu le don de piquer les Lyonnais dans leur orgueil, comme le soulignait Pjanic au coup de sifflet final. Depuis le temps qu'on le leur reprochait : ça y est, ils le tiennent, leur succès fédérateur en Coupe d'Europe. Aujourd'hui, on se prend même à rêver d'une finale à Bernabeu dans un peu plus de deux mois pour l'OL. Les futurs adversaires de l'OL sont prévenus : les Gones emportent tout sur leur passage (sauf Boulogne). Manchester United et le Barça n'ont qu'à bien se tenir !


Et Marseille et Lille en Europa League ce soir, Bordeaux pour rejoindre Lyon en quarts la semaine prochaine : la vie est belle...



 

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