Affaire Brandao : l'OM rattrapé en plein viol

Publié le par Bastien PYZ

 

Vendredi soir, l'Olympique de Marseille s'est relancé dans la course au titre en allant s'imposer 2-0 à Rennes. Pourtant, ce n'est pas la performance sportive de l'OM qui fait la une de la presse, mais davantage les événements extra-sportifs qui secouent le club phocéen, avec ce que l'on appelle désormais l' « affaire » Brandao.

 

Accusé de viol par une jeune femme après une soirée (trop) arrosée, l'attaquant brésilien, dont le contrôle judiciaire ne fait pas l'objet d'une interdiction de sortie du territoire, a filé à l'anglaise, tel un Ben Ali en cavale (avant son départ, il aurait toutefois déclaré à propos de la victime présumée : « Je ne l'ai pas touché »).

 

Sur le terrain, ses partenaires ont tenu à lui manifester leur soutien pendant le match face à Rennes, en déposant un maillot à son nom floqué du numéro 9 devant le banc marseillais. « On pense à lui et on voulait le lui prouver », a déclaré Cheyrou à l'issue de la rencontre. « Je le savais et je ne l'ai pas interdit », a quant à lui répondu Didier Deschamps. L'histoire aurait donc pu passer comme une lettre à la poste.

 

Sauf que comme souvent à l'OM, une affaire a priori bénigne (et surtout extra-sportive) prend des proportions démesurées. Le président Jean-Claude Dassier, contacté par le journal La Provence, est ainsi remonté à contre-courant par rapport à ses joueurs et son entraîneur, sous la pression de Vincent Labrune, président du conseil de surveillance de l'OM, et Margarita Louis-Dreyfus, actionnaire majoritaire.

 

« Je n'ai pas été informé de l'intention des joueurs et je le regrette d'ailleurs, je les en aurais empêché.  Je comprends cet impératif d'envoyer un message de réconfort à un équipier, mais un peu de réserve aurait été la bienvenue. Un mot, une attention dans les médias aurait suffi plutôt que de déclencher une telle indignation. Franchement, c'était de trop. C'est une erreur. Si Didier était au courant, comme il l'a déclaré au terme de la rencontre, il aurait dû m'en parler, car je les en aurais dissuadés en ramenant chacun à un peu de bons sens. C'est dommage, ça ternit la victoire. Par maladresse, on ramène cette affaire au même niveau d'importance que ce succès.»

Patrick Dessault, journaliste à France Football, en a rajouté une couche dans les colonnes du site francefootball.fr :


« C'est un peu désolant (...) de faire ainsi l'apologie du viol et de banaliser sous une pseudo bannière sportive des faits graves, pire des crimes punis de prison. Le sport et les sportifs ont parfois, souvent, des QI d'huître... De toute façon, comme on ne se faisait guère d'illusion à leur sujet, on n'est pas déçu. Certains d'ailleurs, avant le match, riaient de bon coeur, et n'avaient même pas la décence de faire profil bas (…) Un crime quel qu'il soit, ne doit jamais servir d'exutoire à des sportifs qui nous ont laissé croire, vendredi, qu'ils avaient aussi joué pour lui. C'est indécent, comme tout cette histoire ».

 

Ce qui est indécent, c'est aussi la manière dont Mr Dessault parle de cette affaire, et de son sport en général. Le journaliste a semble t-il oublié son devoir de réserve. Parler d' « apologie du viol », c'est un peu vite faire fi de la présomption d'innocence, qui s'applique à n'importe quel justiciable en France tant que l'enquête est en cours et que ses conclusions n'ont pas été délivrées. Le compte en banque bien rempli des footballeurs fait tourner bien des têtes, et certain(e)s sont prêts à tout pour en profiter, y compris balancer de fausses accusations sur une personne, comme ça s'est déjà vu à de nombreuses reprises.

 

Il faut donc prendre cette affaire avec des pincettes certes, mais il ne faut surtout pas en faire une affaire d'état. Cette affaire relève, d'une part, du domaine de la justice, et d'autre part, du domaine privé et extra-sportif. Que les joueurs de l'OM manifestent leur soutien à leur coéquipier (et ami), cela paraît légitime – ou tout simplement humain – dans un sport qui l'est de moins en moins, et dans un milieu déjà largement aseptisé où la langue de bois est de mise.

 

En attendant, l'enquête suit son cours, et permettra – peut-être – de démontrer la culpabilité – ou pas – de Brandao...

 

610x-copie-4Face à Rennes, la colonie brésilienne de l'OM s'est solennellement recueillie devant l'effigie du disparu

 

 

Commenter cet article

Clubs de Sport Lille 26/06/2011 13:15


Une drôle d'histoire qui a obligé Brandao à partir... il faut dire que ce n'est pas une grande perte pour l'OM... même s'il n'hésitait pas à mouiller le maillot.


joel 13/03/2011 11:59


Si MONSIEUR Patrick Dessault n'est pas content de faire des feuillets sur le sport qu'il couvre, qu'il aille faire chef de rédac' sur CHASSE & PECHE et qu'il nous emmerde pas!!
Sa collerais bien avec son fanatisme ostréicole de surcroît!