Alors, on annule ?

Publié le par Bastien PYZ

 

Ou comment faire beaucoup de bruit pour pas grand-chose. On en revient toujours à ces histoires de calendrier qui ne sont un problème qu'ici en France, où il faut toujours qu'on se plaigne de quelque chose. Allez hop, petit retour sur l'affaire des reports de match pour tous ceux qui n'auraient pas eu le courage de suivre (et je vous comprend, moi-aussi j'ai un peu de mal à m'y repérer). Ce qui donne lieu à une espèce de soap-opéra à 4 de mauvaise facture, à la française ; comme nous seuls savons en faire quoi.


L'intrigue

Tout commence par des histoires de Ligue des Champions. Hasard du tirage au sort, Bordeaux et Lyon devront s'affronter en ¼ de finale de la coupe aux grandes oreilles. La première manche est prévue pour mardi prochain (30 mars), soit dans cinq jours. Pour préparer l'événement au mieux, la rencontre de championnat Lyon-Grenoble, initialement prévue pour ce samedi, a dans un premier temps été déplacée au vendredi (demain). Logique, me direz-vous. Sauf que pour une fois qu'on a deux clubs français en ¼ de finale de Ligue des Champions, on aurait du se douter de quelque chose.


Triaud, l'élément déclencheur

Le problème, c'est que Bordeaux ne bénéficie pas du même traitement de faveur, contraint de disputer une finale de Coupe de France le samedi soir, soit trois jours avant de se déplacer à Lyon pour le ¼ de finale aller de la Ligue des Champions. Par contre là, pas question d'aménager le calendrier : on ne touche pas à une finale prévue de longue date (avec tout ce que ça induit au niveau de l'organisation : les supporters qui ont réservé les billets, le train, l'hôtel, mais aussi la télé). Dans un souci d'équité, il paraît donc tout aussi logique de remettre le Lyon-Grenoble au samedi soir, afin que chacun des deux clubs bénéficie du même nombre de jours de récupération.


Aulas, la pleureuse

Pas du goût d'Aulas, qui crie au loup. Ce qu'il faut dire, c'est que malgré la décision de la LFP de remettre le match au samedi, Lyon jouera un match de championnat tranquille, à domicile et à 17h, pendant que Bordeaux jouera une finale de Coupe à 21h (succeptible d'aller en prolong'), tout ça au Stade de France. Si ça ça ne suffit pas au bonheur des Lyonnais, peut-être pourront-ils se consoler en se disant que si eux aussi avaient été dépendants des droits télés, Lyon-Grenoble aurait aussi pu se jouer dimanche à 21h pour faire l'affiche de Canal+. Après tout, c'est un derby, un grand match, non ?


En l'espace de quelques jours, le président lyonnais nous a en tout cas montré ses deux facettes : souriant, décontracté, et même plutôt fair-play le soir du tirage au sort (docteur JMA) ; insurgé aujourd'hui contre son adversaire, la Ligue, dénonçant même des « arrangements » entre les deux parties dans son traditionnel numéro de Caliméro/mal-aimé du football français, the dark side of Mister Aulas qu'on lui connaît trop bien. Aulas semble oublier que l'objectif principal de la Ligue est de faire en sorte que les clubs français encore en lice en Ligue des Champions abordent leur match dans les meilleures dispositions, et que pour une fois, la présence des clubs français au deuxième tour de la Coupe d'Europe ne se limite à la seule présence de l'OL, n'en déplaise à Monsieur.


Wantiez, l'invité surprise

Mais il reste un élément perturbateur dans tout ça : le GF 38, qui n'apprécie que très moyennement que tout le monde se foute de son avis. Les dirigeants du club isérois ont donc décidé de mettre leur grain de sable dans l'affaire en appuyant la demande de l'OL de remettre le match au vendredi soir. Et s'ils n'obtiennent pas gain de cause, ils sont même bien décidé à fausser le championnat en envoyant pourquoi pas une équipe bis à Lyon, comme l'avait fait l'OM en envoyant ses « minots » au Parc. Pierre Wantiez, directeur sportif du GF38, a déclaré : « Moi, je m'en tape de Lyon-Bordeaux, c'est Grenoble qui m'intéresse ». Mais tu sais Pierre, nous on s'en tape de Grenoble, c'est Lyon-Bordeaux qui nous intéresse. Pourtant, il ne faut quand même pas sortir de Saint-Cyr pour comprendre qu'un quart de finale de Ligue des Champions entre deux clubs français compte bien plus que les intérêts d'un club condamné à la relégation depuis le début. La vie est injuste...


Thiriez, le médiateur malgré lui

Accusé par ses détracteurs d'être un proche d'Aulas, le président de la LFP Frédéric Thiriez a malgré tout fait parler le bon-sens en déboutant la demande d'Aulas, qui a fait appel de la décision de la Ligue de remettre le match au vendredi. Thiriez s'est même permis de dénoncer le manque de fair-play de son « ami ». Shocking. Mais son champ d'action s'arrête là.


Aulas pour sa part, a décidé de saisir le Comité Olympique Français (si si, ne riez pas). A mon avis, il faut même s'attendre à ce qu'il s'en remette à l'UEFA (qui aurait peut-être son mot à dire dans l'histoire) en cas de nouvel échec. Sinon, il faut lui dire qu'en ce moment la FIFA n'a rien à branler, puisque la Coupe du Monde ne commence qu'en juin. Il y a aussi l'Union Européenne, qui se réunit en ce moment-même pour discuter du sort de la Grèce ; celui de l'OL pourrait peut-être les intéresser. Et en ultime recours il reste le FMI.


Finalement, avec ses multiples rebondissements, la Ligue 1 n'a rien à envier à Dallas ou Amour Gloire et Beauté...


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Aulas / Thiriez / Triaud / Wantiez : qui aura le dernier mot ?

 


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Bastien 26/03/2010 21:49


Ok Fabien, tu peux me filer le mail perso de JMA ? :)


fabien7474 26/03/2010 01:47


Excellent! Je suis mort de rire !!
Je partage tout a fait ton avis et tu devrais peut-être envoyer ton article aux protagonistes pour qu'ils comprennent finalement le grotesque de la situation.