Auxerre, la descente aux enfers

Publié le par Bastien

 

Le 15 mai 2010, l'AJ Auxerre s'imposait à Sochaux et terminait à une 3ème place inespérée, synonyme de tour préliminaire de Ligue des Champions. Moins de deux ans plus tard, l'AJA est relégable et lutte pour ne pas descendre en Ligue 2, loin de la ferveur des joutes européennes.

 

En deux ans, de l'eau a donc coulé sous les ponts. La campagne européenne, qui ressemblait à une véritable bénédiction avec la venue des plus grands clubs du continent (Real, Milan, Ajax), a pris des airs de cadeau empoisonné. Le club a dépensé beaucoup d'énergie pour tenter de faire bonne figure sur la scène européenne, et l'a payé en championnat où il a du lutter jusqu'à la dernière journée pour se sauver.

 

A l'issue de cette saison mouvementée, plusieurs cadres ont quitté le navire. Pedretti et Jelen ont rejoint le LOSC, champion de France en titre. Mignot, Birsa et Quercia ont eux aussi fait leurs valises. Enfin, Jean Fernandez a quitté Auxerre pour Nancy, un club de standing similaire. Un choix révélateur d'un certain mal-être dans les coulisses du club.

 

Car c'est surtout en interne que les choses ont bougé. Le trio Bourgoin-Hamel-Roux (76 ans de moyenne d'âge), qui est à Auxerre ce que le lobby des champions du monde de 98 est à l'équipe de France, a fait pression sur la direction en poste et obtenu la démission d'Alain Dujon, successeur désigné de... Jean-Claude Hamel.

 

Malheureusement, ce n'est pas forcément dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes. La mayonnaise n'a jamais pris et pour l'entraineur Laurent Fournier, qui a toujours semblé déterminé et soutenu par ses joueurs, le combat pour conserver son propre poste devenait plus compliqué à mener que celui pour le maintien. L'ultime défaite à domicile face au promu Evian lui aura été fatale.

 

Face à l'urgence de la situation, les « papys flingueurs » ont donc dégainé. Et c'est Jean-Guy Wallemme qui aura pour mission de sauver un club qui fait partie du patrimoine du football français. Un choix qui en étonne plus d'un compte-tenu des états de services du bonhomme.

 

Car en plus d'un prénom pas évident à porter, Jean-Guy Wallemme se traine en effet une réputation de loser ayant échoué à peu près partout où il est passé en tant qu'entraineur. Jugez plutôt :

 

 


 

- En 2001, il devient entraineur-joueur à l'AS Saint-Etienne, alors en Ligue 1, en lieu et place de John Toshack, assisté par Rudy Garcia. Bilan : l'ASSE est reléguée en Ligue 2, avec en prime l'affaire des faux-papiers qui éclate au grand jour.

 

- En 2002, il connait sa première expérience en tant qu'entraineur à part entière au Racing Club de France. Le club termine 14ème (son plus mauvais classement depuis l'accession en National cinq saisons auparavant), mais fait surtout l'objet d'une rétrogradation administrative en CFA par la DNCG, conséquence d'une mauvaise gestion financière. La saison suivante, le club obtient sa remontée immédiate sur le terrain. Mais une nouvelle fois, la DNCG invalide la promotion du Racing.

 

- En 2004, Wallemme quitte le Racing pour rejoindre Rouen, qui joue alors le maintien en Ligue 2. Résultat : une vingtième et dernière place synonyme de descente en National.

 

- En 2005, après une pige en D2 belge, Wallemme revient en France et signe en Picardie à l'US Roye, tout juste relégué en CFA. L'opération remontée est un nouvel échec, le club terminant au pied du podium. Au contraire, c'est même une nouvelle rétrogradation administrative en CFA2 qui tend les bras à Wallemme et à ses hommes.

 

- En 2007, Wallemme est nommé à la tête du Paris FC, ambitieux club de National. Le club termine à une modeste 10ème place, une déception par rapport à la saison précédente où les parisiens étaient parvenus à se hisser à une belle 6ème place.

 

- En 2008, pour son retour dans son club de cœur, le RC Lens, Wallemme connaît enfin la joie d'une promotion et permet au club de remonter en Ligue 1, puis de s'y maintenir la saison suivante. En revanche, il quitte le club sur un nouvel échec lors de sa troisième saison, puisque le RC Lens retrouve la Ligue 2, malgré le remplacement de Wallemme par Boloni en cours d'exercice.

 

- En 2011, Wallemme tente sa chance à la tête de la sélection congolaise. Dans un groupe composé du Ghana, du Soudan et du Swaziland, son équipe ne parvient pas à se qualifier pour la phase finale de la CAN, terminant à 7 longueurs du Soudan et à 10 du Ghana.



 

 

Hormis la deuxième saison lensoise, chaque opération survie menée par Wallemme s'est donc soldée par un échec. Pas de quoi rendre les supporters auxerrois débordant d'optimisme à 10 journées de la fin...

 

 

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