Coup de poker dans le football

Publié le par PYZ Bastien

 

Si je vous dit Doyle Brunson, Johnny Chan, Isabelle Mercier ou encore Patrick Bruel, ça ne vous dit probablement rien du tout (bon ok, va pour Patrick Bruel). Mais si je vous dit Vikash Dhorasoo, Raymond Domenech, Fabien Barthez ou Christian Vieri, là ça vous parle plus ? Footballeurs émérites, me direz-vous.

Pourtant, il y a un point commun entre tous ces noms : le poker.



Domenech

Entre deux séances de tarot et de voyance, Raymond Domenech
n'est jamais contre une petite partie de poker



Oui, nombreux sont les footballeurs qui ont troqué les crampons (ou le micro de commentateur) contre des cartes à jouer et des jetons : Vikash Dhorasoo, le plus connu (et reconnu), mais aussi son ancien coéquipier au PSG Jérôme Rothen, les gardiens de but Fabien Barthez et Jérôme Alonzo (décidément, le PSG suscite des vocations), le sélectionneur Raymond Domenech, sa femme Estelle Denis, ou encore les journalistes Thierry Roland et Pierre Ménès (liste non-exhaustive).

Pour s'en convaincre, il suffit de prêter une oreille attentive aux déclarations d'après-match des joueurs (source : 

http://fr.pokerlistings.com/football-et-poker-fontils-bon-menage 
http://fr.pokerlistings.com/le-top-5-des-meilleurs-people-au-poker-44484, www.google.com).
Exemple :



« Pour être honnête, il faut avouer qu'en entrant sur la pelouse, on avait un peu les jetons. Mais on avait à cœur de se tenir à carreau et de respecter les consignes du coach. On a donc décidé de brouiller les cartes, de jouer cartes sur table ; bref, de jouer notre carte à fond. Notre système de jeu en 3-5-2 a parfaitement fonctionné, notre quinte au milieu les a beaucoup gênés, et en plus de ça, devant, on en avait une bonne paire. Au final, je crois que notre adversaire a été tellement bluffé par notre prestation qu'il a préféré déclarer forfait, ce qui nous a permis de gagner sur tapis vert. C'est clair que c'est un peu un coup de poker, mais en tout cas, c'est de bon augure pour la suite ».



 

Difficile après ça de nier l'évidence : le poker fait donc émules parmi les footeux, et les liens entre les deux disciplines sont bien plus étroits que la simple présence d'un (énorme) logo Partouche sur le maillot du LOSC.

Partant de ce constat, Transversale(s) a enquêté pour tenter de comprendre pourquoi les joueurs de foot raffolent tant du poker.



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Le LOSC et les casinos Partouche, une combinaison gagnante :

Couleur ? Non, jaune-rouge-blanc, ça ne marche pas

Suite ? 7-4-24, non non, c'est pas bon ça

Brelan ? Bingo !



Des repères communs

Les passerelles entre poker et foot sont nombreuses, si bien que le passage d'une discipline à l'autre s'en retrouve facilité. Tout ce qu'il faut pour éviter de brusquer les esprits fragiles de nos petites starlettes du ballon rond.


La table est verte

La plupart du temps, les tables de poker sont en feutre vert. Une couleur qui n'est pas sans rappeler aux footballeurs celle des pâturages témoins de leurs plus grands exploits. Et notamment les gardiens de but que sont Fabien Barthez ou Jérôme Alonzo, habitués à humer le gazon d'un peu plus près que leurs partenaires. Raymond Domenech, quant à lui, exige que la table de jeu soit tondue à exactement 1,3 millimètres de hauteur. Question de normes internationales.


Le poker se joue aussi à onze (mais pas que)

Comme le disait Gary Lineker, le football est un sport qui se joue à onze contre onze, et à la fin ce sont les Allemands qui gagnent (pas toujours à onze, mais ceci est une autre histoire). En revanche, le poker a cet avantage de pouvoir s'adapter au nombre de joueur présents. Les joueurs de foot enfermés dans leur schéma à onze peuvent donc commencer le poker à onze avant d'évoluer petit à petit vers des variantes à cinq ou à treize.


L'anglais, langue internationale de référence

Entre goal, corner et penalty, les footballeurs des temps modernes sont habitués à manier la langue de Shakespeare. Ce ne sont donc pas de vulgaires short-stack, cut-off ou encore blind-check qui vont les effrayer.


Des stratégies et tactiques de jeu communes

Il paraîtrait qu'en plus de se faire tirer les cartes, Raymond Domenech s'inspire beaucoup du poker dans ses compositions d'équipes. Il faut dire qu'en tant qu'ancien défenseur réputé dur sur l'homme, le jeu serré-agressif ça le connait.



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On a enfin compris pourquoi Dhorasoo a été sélectionné pour la Coupe du Monde 2006 :

« Dis Vikash, j'aurais besoin d'un sparring-partner pour l'Afrique du Sud,
ça te dirait de venir avec nous ? »



Un même goût prononcé pour l'argent

C'est bien connu : si pour le commun des mortels, football ou poker ne rime qu'avec loisir et plaisir, pour les professionnels, c'est surtout pièces d'or et billets verts.

Passer les tours, éliminer ses adversaires un à un pour se retrouver en finale, et pour la gagner (avec le pactole qui va avec tant qu'à faire) : les principes du poker et du football professionnel sont sensiblement les mêmes.

Comme dans le football, les joueurs obéissent à l'appât du gain et choisissent leurs compétitions en fonction des sommes engagées (c'est pour ça que la Coupe de la Ligue est plus intéressante que la Coupe de France par exemple).

Et pour rafler la mise, les joueurs (ou leurs agents) sont passés maîtres dans l'art de faire monter les enchères. Il faut toutefois se méfier des apparences, car certains bluffent parfois plus vite que leur ombre (c.f. Mancini à l'OM).



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La banqueroute du jour vous est présentée par Mansion.com



Des possibilités que n'offre pas le football

Le poker offre un éventail de possibilités qui en font une alternative crédible au football.


Le poker, un jeu... différent

Contrairement à des croyances fortement ancrées dans l'imaginaire collectif, la vie d'un footballeur professionnel n'est pas des plus palpitantes : entraînement la semaine, matchs le weekend, le quotidien est assez monotone. Et quand bien même une ou deux petites heures de temps libre pointent le bout de leur nez, c'est soit pour regarder un match à la télé, soit pour une partie de football virtuel sur console de jeu. Alors qu'une petite partie de poker de temps en temps, ça n'a jamais ruiné un milliardaire...


Le poker se joue aussi à quarante ans

A quarante ans, on est cramé pour le football de haut niveau. Du moins, c'est ce que pense l'écrasante majorité des entraîneurs. La quarantaine fraîchement révolue, c'est donc l'occasion rêvée de commencer une nouvelle vie, qu'on soit définitivement retiré du milieu du football ou simplement pré-retraité arrondissant ses fins de mois en cirant le banc de touche. Quitte à gagner du fric en restant le cul sur une chaise, autant le faire en s'amusant après tout.


Tout est dans le regard

On ne communique pas de la même façon sur un terrain de football qu'à une table de poker. Là où le footballeur doit cracher ses poumons pour parvenir à se faire entendre dans un stade de 80000 supporters déchaînés, au poker, c'est plutôt motus et bouche cousue, chaque parole est comptée. Et ça n'a pas que des désavantages : pas besoin par exemple de se taper les interviews insipides de Laurent Paganelli ou Daniel Lauclair à la fin de la partie.


L'usage des mains est autorisé

Au poker, tout le monde a le droit d'utiliser ses mains (c'est même vivement conseillé, sauf pour ceux qui sont vraiment très habiles avec les pieds). Ce n'est donc pas un hasard si on retrouve d'anciens gardiens de but reconvertis tels que Fabien Barthez ou Jérôme Alonzo. Thierry Henry, lui, n'est pas gardien de but ; mais il semblerait tout de même qu'il soit promis à un bel avenir dans le poker. Affaire à suivre...


A en croire ces quelques observations, on pourrait donc se dire que la tendance, voire même la mode poker, n'est pas prête de s'essouffler chez les footballeurs. Ce serait pourtant faire fi d'un obstacle majeur à la diffusion de ce jeu dans les vestiaires des stades. A ce propos, Vikash Dhorasoo, dans une interview accordée au JDD, avance d'ailleurs un élément de réponse qui pourrait expliquer que les footballeurs ne soient pas aussi présents qu'on pourrait le penser autour des tables de poker : « C'est assez tendance, donc on en voit. Mais il faut être bon en maths, donc il y en a peu... ». La fin d'un mythe...



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Effectivement, ça donne envie de jouer au poker... ou au poker en ligne :)



Un article en partenariat avec PokerListings.com, le site du poker en France !



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