Dis-moi comment tu t'appelles, je (ne) te dirais (pas) qui tu es

Publié le par Bastien

 

On connaissait déjà l'Emirates Stadium d'Arsenal, l'Allianz-Arena du Bayern Munich..., on pourrait bientôt assister à la naissance de l'Adidas Stadium. C'est à Newcastle que ça se passe.

 

Confronté à de sérieuses difficultés sportives et financières depuis la relégation en Championship (deuxième division britannique) l'année dernière, le club n'attire plus les investisseurs. Au point que son propriétaire, le milliardaire Mike Ashley, a songé à vendre le club à plusieurs reprises. Après plusieurs échecs, c'est donc une nouvelle idée qui a commencé à faire son trou dans la tête du président afin de renflouer les caisses des Magpies : le naming.

 

Le naming, pour ceux qui ne le savent pas encore, c'est cette pratique venue tout droit des Etats-Unis, qui consiste à donner le nom d'une marque commerciale à un stade. Une pratique de plus en plus courante, notamment en Angleterre et surtout en Allemagne, précurseur en la matière en Europe.

 

En fait, les Allemands ont profité de l'organisation de la Coupe du Monde 2006 qui leur a été attribuée pour construire de nouveaux stades et ont cédé aux avances des grandes marques désireuses d'associer leur image aux écrins flambants neufs. De toutes façons, les nouveaux grands stades se ressemblent tous et n'ont plus vraiment de personnalité, donc pourquoi pas.

 

Le problème, c'est que le naming a commencé à s'attaquer à des enceintes déjà existantes, mythiques pour certaines, et connues sous leur nom d'origine. Le Westfalenstadion de Dortmund par exemple, probablement l'un des plus beaux stades de foot du monde, a été rebaptisé Signal-Iduna Park. Beurk. On peut aussi citer la Mercedes-Benz Arena à Stuttgart, ou encore l'EasyCredit-Stadion à Nuremberg.

 

En France, la révolution est en marche. Le futur stade du Mans s'appellera MMArena. Zéro tracas, zéro blabla. Et encore, les supporters manceaux peuvent s'estimer heureux, ils ont échappé au Loué Stadium et même au Parc des Poules.

 

Mais là-encore, les marques ne convoitent pas que des stades en cours de construction. Ainsi, le Stade de la Route de Lorient à Rennes a été à deux doigts d'être renommé Fortunéo Stadium il y a quelques semaines de ça.

 

A Newcastle, on entend donc bien profiter du contrat avec Adidas, équipementier du club, pour enterrer définitivement la gloire de St-James Park. Pas sûr cependant que cette prostitution identitaire soit du goût des supporters des Toons, pour peu que ceux-ci aient leur mot à dire...

 

Il faut donc se faire une raison, le recours au naming fait des adeptes, et le mouvement n'est pas près de s'essouffler. En même temps, on voit mal comment les clubs, constamment à la recherche de nouvelles sources de profits, cracheraient sur cette mine d'or.

 

Alors, à quoi faut-il s'attendre ? Emirates Stadium II à Paris, puisque le sponsor principal du PSG est le même que celui d'Arsenal ? Gazprom Stadium à Chelsea ? Banco Popular Arena pour le Real Madrid C.F. (Club de Florentino) ? Comme dirait Adidas, « impossible is nothing »...

 


La bannière Adidas flotte déjà au-dessus de St-James Park



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