Encore un match pourri par l'arbitrage

Publié le par PYZ Bastien

 

Ce devait être un grand match, un choc entre le leader de Ligue 1 et son dauphin. Ce fut un show orchestré de main de maître par la baguette magique de Stéphane Bré. L'arbitre avait une nouvelle fois décidé d'être la star du match et de voler la vedette aux joueurs de ce Bordeaux-Montpellier pourtant prometteur.

 

Tout commence à la demi-heure de jeu (car il faut bien avouer qu'on n'a pas eu grand chose à se mettre sous la dent avant) : dans un match certes engagé et haché par de nombreuses petites fautes, mais jusque là correct, Montpellier bénéficie d'un pénalty logique pour une charge à l'épaule de Ciani. Ce qui est beaucoup moins logique, c'est ce qui vient ensuite : Bré expulse Ciani, rouge direct.

 

Forcément, on dira que cette décision peut s'expliquer par la position de dernier défenseur de Ciani. Pourtant, ce serait d'abord faire fi du véritable dernier défenseur : un Carasso des grands soirs. Mais surtout, on en revient à cette stupide règle de la fameuse « double-peine », et cette application du règlement à la lettre sans réfléchir aux conséquences : expulsion + pénalty, ça fait quand même très lourd pour une simple épaule généreuse. Même si le sentiment d'injustice ressenti à ce moment-là par les Girondins est tempérée par la première parade décisive de Carasso sur la frappe d'un Costa beaucoup moins inspiré que lui (au passage, Bré aurait du faire retirer ce pénalty, puisque des joueurs ont pénétré dans la surface avant la frappe de Costa. Ca peut paraître anecdotique, mais vous verrez plus tard que ça a son importance).

 

carras-copie-1.jpgT'inquiètes pas Tino, la troisième sera la bonne...

 

 

Toujours est-il qu'à partir de là, le match s'envenime, bien que Carasso ait rectifié l'erreur de Bré. Les interventions musclées, non-sifflées du début de match, font place à des fautes peu évidentes, sanctionnées à chaque fois. Les cartons pleuvent, les décisions sont contestées à tous les coups, les joueurs s'énervent (Fernando le premier, comme toujours, ou encore Costa dans un registre qu'on ne lui connaissait pas). Le public s'y met aussi, forcément. Les bancs de touche donnent de la voix. Trop selon Bré, qui fait du zèle en expulsant Jean-Louis Gasset, l'adjoint de Laurent Blanc, un peu trop bavard. Le « Président » quant à lui, préfère mastiquer sa touillette, par peur que sa langue ne fourche. Dugarry pour sa part, n'hésite pas à dire tout haut (du haut de sa cabine de commentateur en fait); ce que Blanc pense certainement tout bas : « insupportable » (même pour le supporter girondin de toujours qu'il est). Pour Ciani enfin, condamné à suivre la fin du match depuis le petit écran perché dans le boulevard des vestiaires de Chaban-Delmas, « ça fait chier ».

 

Mais s'il y en a un que ça doit vraiment faire chier, c'est bien Fernando Cavenaghi. Le grand perdant du système de jeu à une pointe de Bordeaux, condamné au banc de touche 90% du temps, se faisait une joie de retrouver une place de titulaire. Sa première demi-heure avait été intéressante. Mais malheureusement pour lui, il est victime du changement stratégique de Blanc, contraint de le faire sortir pour bétonner sa charnière centrale désormais bancale avec Sané.

 

La suite n'est qu'enchaînement de mauvaises décisions toutes plus incohérentes les unes que les autres. Dans un souci de compensation, Bré oublie qu'il n'y a rien de pire que d'essayer de se faire pardonner une erreur dans un sens en les accumulant dans l'autre sens. Par exemple, en « oubliant » d'expulser Chalmé pour une main volontaire dans la surface, qui aurait du lui valoir un second carton jaune après celui récolté à peine cinq minutes plus tôt. Mais cette fois-ci, Bré laisse la double-peine aux vestiaires en n'accordant qu'un simple pénalty. Transformé dans un premier temps par un nouveau tireur, Victor Hugo Montaño. Mais Bré intervient à nouveau pour faire retirer le pénalty. A juste titre cette fois, puisque la surface était encore pleine de joueurs avant même que le Colombien n'entame sa course d'élan. Sauf qu'encore une fois, la décision est incompréhensible si on considère que Bré avait laissé passer un scénario en tout point identique lors du premier pénalty raté par Costa. Et ce qui devait arriver arriva : Montaño frappe du même côté, Carasso anticipe bien et permet à son équipe de rentrer aux vestiaires à 0-0.

 

1454_1232474370-300x259.jpg Pénalty à retirer : un geste que Stéphane Bré maîtrise sur le bout des doigts

 

 

Contre toute attente, ce sont même les Girondins qui ouvrent la marque au retour des vestiaires, eux qui aurait pu (et probablement du) être menés d'au moins un but à la mi-temps. Ironie du sort, les Bordelais ne sont même pas en infériorité numérique au moment où ils prennent l'avantage sur un beau but de Chamakh. Et pour une fois, Bré n'a rien à voir dans l'histoire ; en fait, c'est juste que Spahic était en train de se faire soigner sur la touche pendant que Chamakh propulsait le ballon au fond des filets de Jourdren (du pied, pour une fois). Le problème, c'est qu'à dix contre onze, et à 1-0, Bordeaux s'arrête complètement de jouer pour se concentrer sur les tâches défensives. Ce qui a pour conséquences une espèce d'attaque-défense stérile, avec une défense girondine très basse, et une attaque héraultaise trop timide pour profiter des éventuelles brèches laissées par les locaux.

 

Montpellier trouve malgré tout son salut sur un ultime coup-franc de Costa, consécutif à un geste technique rare de Fernando, qui réussit à toucher le ballon du bras tout en gardant les mains dans le dos. Et pour la première fois dans le match, Montpellier profite d'une boulette de Carasso, qui se troue à l'endroit exact où il avait sorti les deux pénaltys des visiteurs. Football, monde cruel...

 

Au final, après avoir craint pour un spectacle déjà pas terrible (et pour l'intégrité de certains joueurs), on se dit tout de même après réflexion qu'on a eu droit à une deuxième mi-temps bien meilleure que ce à quoi on aurait pu s'attendre en voyant l'état d'énervement des troupes en rentrant aux vestiaires : pas de blessés de longue date à déplorer, d'un côté comme de l'autre. Pas plus de joueurs suspendus pour quelques matchs, comme ce sera sans doute le cas de Ciani à cause de ce rouge direct. Les deux équipes se quittent sur un score de parité qui fait plus ou moins les affaires de tout le monde après les nuls conjugués de l'OM, Lyon et Lille (même si Montpellier peut nourir quelques regrets).

 

Par contre, on garde sur les lèvres comme un goût amer d'un nouveau match gâché par l'arbitrage (et qui plus est, par un manque flagrant de psychologie, et pas par une simple erreur d'appréciation). Comme c'est trop souvent le cas...


  Bordeaux-Montpellier.jpgBaston générale : il n'en faut pas plus pour que Fernando s'en aille titiller Plasil (après Planus et Carasso). Il faudrait quand même lui expliquer que les mecs qui jouent avec le même maillot que lui, ce sont ses coéquipiers.

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

ludo 09/03/2010 00:56


COmpensation mais l'arbitre n'hésite pas à siffler un 2ème pénalty en 1ère période. Certains n'auraient pas vu la main juste pour ne pas avoir à siffler un 2ème péno!

Par contre, le coup franc sur lequel Montpellier est aussi un peu sévère, le joueur bordelais ayant bien les mains dans le dos!


Bastien 08/03/2010 16:20


C'est ce que j'appelle la compensation. Bré s'est rendu compte de la sévérité de l'expulsion de Ciani et a voulu rattrapper le coup avec Chalmé (qui au passage a fait plusieurs tacles bien plus
dangereux que le coup d'épaule de Ciani au passage, mais ceci est une autre histoire).

Du coup, comme l'a bien bien dit Dugarry, on entre dans la confusion la plus totale, et tout le monde s'y perd : joueurs et spectateurs. En fin de première mi-temps, même Bré ne savait plus ce
qu'il sifflait...

Et moi-même devant la télé, bien que n'étant ni supporter girondin ni supporter montpellierain, je ne te cache pas que j'ai fait quelques bonds sur le canapé, et j'ai même failli devenir
grossier... (mais juste failli hein !)


ludo 08/03/2010 12:29


Je te trouve un peu dur avec l'arbitrage. Sur le 1er pénalty, il expulse Ciani (cf règlement - celui ci devrait changer bientôt). Sur le 2ème effectivement, il doit mettre un jaune à Chalmé et
l'expulser, mais avec un peu de tact, il ne le fait pas et n'envenime pas plus une situation qui était au bord de l'explosion.