Faut-il enlever le PSG à ses supporters ?

Publié le par PYZ Bastien

 

C'est la question que l'on peut se poser. Hier soir face à Sochaux, le PSG s'est imposé tranquillement, 4-1. Hoarau, bien aidé par une défense apathique de Sochaux, a ouvert la voie, avant qu'Erding n'y aille de son premier triplé sous les couleurs du PSG, face à son ancien club. Depuis le temps qu'on dit que l'entente entre ces deux-là promet, on en a enfin la confirmation. A dix journées de la fin du championnat...

 

Mais au-delà du simple résultat comptable, on a surtout vu des Parisiens détendus et tout sourire prendre du plaisir sur la pelouse. Sans pression. Et pour cause : le Parc des Princes sonnait terriblement creux. Plusieurs associations de supporters en tribune Auteuil ont appelé au boycott des matchs au Parc des Princes, dès Sochaux, et ce jusqu'à nouvel ordre, pour dénoncer « le racisme » qui sévirait chez certains groupes de supporters du PSG. Malgré tout, les virages étaient plutôt bien garnis, mais silencieux. En fait, ce sont surtout les tribunes latérales qui ont été désertées. Il faut croire que les gens n'osent plus venir au Parc en famille avec leurs enfants. Les gradins qui longent les lignes de touche étaient bien clairsemés, et au lieu de voir des spectateurs regroupés au milieu de la tribune comme c'est souvent le cas, on a vu une foule divisée, comme si le public parisien se méfiait d'un voisin en qui il n'a plus confiance.

 

Comme le souligne Le Parisien (http://www.leparisien.fr/sports/quatre-buts-pour-le-psg-mais-pas-d-ambiance-14-03-2010-848069.php), le PSG a aussi réalisé sa pire affluence de la saison en championnat à l'occasion de cette rencontre, avec « seulement » 29 294 spectateurs. C’est la première fois cette saison que le club de la capitale n’atteint pas la barre des 30 000 spectateurs. Il faut revenir à janvier 2007 pour trouver trace d’une affluence aussi faible en L1 : après le décès de Julien Quéméner – et la fermeture de la partie basse de la tribune Boulogne –, le Parc avait réuni environ 28 000 personnes lors de trois matches consécutifs.

 

On se souvient qu'à l'époque, tout le monde s'était indigné du passage à tabac du supporter parisien, et on s'était promis que ce genre d'événements ne se reproduirait plus. Force est de constater que trois ans plus tard, l'effet d'annonce n'a abouti à aucune amélioration de la situation (si celle-ci n'a pas empirée). Au moment où j'écris ces lignes, un autre supporter du PSG est plongé dans un coma artificiel depuis son agression le 28 février en marge du match contre l'OM, et est même annoncé en état de mort clinique, toujours selon Le Parisien.

 

Comme toujours, on déclare donc en grandes pompes qu'il faut faire quelque chose et que ça ne peut plus durer, sans que ces déclarations ne fassent suite. En pleine campagne pour les élections régionales, les politiques s'en mêlent et tentent de se racheter une image (dans la veine du député Gonnot qui réclame la tête de Domenech). Ils se disent affectés par les événements, concernés par la situation plus que préoccupante, eux qui ne mettent pour la plupart jamais les pieds dans un stade (ou quand ils le font, c'est planqués dans leur carré VIP). Surfant sur la vague du sujet sur lequel tout le monde doit donner son avis, les propositions fusent, des plus mesurées aux plus radicales : augmentation du prix des places, interdictions de stade, huis-clos, dissolution des groupes de supporters..., ont toutes été évoquées.

 

S'il en est une sur laquelle on est à peu près tous d'accord, c'est sur les interdictions de stade. Aujourd'hui, on dispose de tout un tas d'outils qui nous permettent de jeter hors de nos stades les fauteurs de trouble : vidéo en tribunes, carte d'adhérents pour identifier les ultras affiliés à des associations de supporters, etc. Le huis-clos (total ou partiel, avec la fermeture de tribunes spécifiques, comme ce fut déjà le cas au Parc), est un bon recours en cas de situation tendue comme aujourd'hui pour calmer les ardeurs, mais il ne s'agit que d'une solution à court terme. On ne peut pas raisonnablement envisager de fermer tout ou partie du Parc (avec la perte de revenus pour le club, et d'argent pour les abonnés, qui vont avec), jusqu'à la fin de la saison. L'augmentation des tarifs quant à elle, sur la base du modèle anglais qui a permis d'éradiquer la majeure partie des hooligans des enceintes, est montrée en exemple par beaucoup. Elle a pourtant ses limites, dont la première est d'être la solution démago par excellence. C'est sans doute le meilleur moyen d'aseptiser nos stades en les réservant aux élites : il suffit d'imaginer les kops derrière les buts, transformés en tribunes présidentielles et autres carrés VIP, pour s'en convaincre. Le football, le nouvel opium du peuple, doit rester accessible à tous, et on paye déjà assez cher pour aller au stade. L'autre risque majeur, c'est de ne faire que déplacer le problème à l'extérieur du stade (les violences contre les deux supporters précédemment cités ont d'ailleurs eu lieu à l'extérieur du Parc). Mais surtout, rien ne dit que de telles mesures en France garantiraient les mêmes résultats.

 

Pour la venue de Sochaux, une autre solution qui n'a pas encore été évoquée a été expérimentée, et pourrait être reconduite : seuls les supporters munis de leur billet se sont vus autorisés à pénétrer dans le périmètre de sécurité autour du stade, filtrés en fonction de la tribune inscrite sur leur petit bout de papier. Une idée à reconduire, dont il faudrait examiner les effets lors d'une rencontre classée à risques, avec défaite du PSG à la fin. En tout cas ce que l'on sait, c'est que ce dispositif de sécurité renforcé n'a malheureusement pas été exploité lors du dernier PSG-OM par exemple...

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