France – Costa Rica : merci les Bleus !

Publié le par Bastien PYZ

 

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Hier soir à Lens, l'équipe de France a battu le Costa Rica (2-1), et a débuté sa préparation pour la Coupe du Monde de la meilleure des manières. Certes, la victoire a mis du temps à se dessiner, et les Bleus ont longtemps buté sur un très bon gardien. Mais assez paradoxalement, la bande à Raymond a montré son visage le plus séduisant depuis bien longtemps. Pour tout dire, je ne me souviens pas avoir été emballé à ce point par un match de l'équipe de France depuis la période post-Mondial 2006 précédant le fiasco de l'Euro 2008 et la douloureuse campagne de qualification pour la Coupe du Monde qui se profile à l'horizon.


France – Costa Rica, c'était donc le match de la réconciliation des Bleus avec leur public. Et qu'y a t-il de mieux que Bollaert, le meilleur public de France, pour fêter les retrouvailles entre l'équipe de France et ses supporters ? On a eu droit à un lâcher de ballons, pleins de drapeaux qui volent, et en prime, plusieurs chants traditionnels de supporters réinterprétés à la sauce Bleue. Mais le plus important, c'est surtout que sur le terrain cette fois, les joueurs ont été à la hauteur, et ce dès le début. Malgré l'ouverture du score, contre le cours du jeu, du Costa Rica, la bande à Raymond a montré de belles choses, et une bonne capacité de réaction.


Le gros point d'interrogation, c'était de savoir comment allait se comporter l'équipe dans le tout nouveau schéma tactique en 4-3-3 concocté par Raymond. Et sur ce point, les joueurs ont apporté des réponses rassurantes. Les automatismes, qui, en temps normal, nécessitent plusieurs matchs pour apparaître, n'ont pas tardé à se mettre en place. Il faut dire qu'avec des joueurs tels que Ribéry ou Malouda, ça facilite les relations. La complicité technique entre les deux joueurs a d'ailleurs sauté aux yeux. Franck Ribéry, le local de l'étape, était intenable sur son aile, à l'origine de l'égalisation tricolore (Douglas Sequeira csc). Malouda, quant à lui, à fait parler sa qualité technique et sa qualité de passe plus que sa vitesse, à un poste plus axial qui lui convient à merveille. On se posait la question : qui de Malouda ou de Ribéry pour jouer sur le côté gauche ? Raymond a (encore) fait le choix de ne pas choisir et a trouvé la bonne solution : les deux.


Avec le soutien d'Evra, c'est même tout le côté gauche des Bleus qui a fonctionné à merveille, au point de faire pencher l'équilibre de façon très significative de ce côté. En parlant d'Evra, il faut dire que sa promotion en tant que capitaine a eu le don d'insuffler à l'équipe un nouvel état d'esprit plus combatif et conquérant, qui correspond plus à celui qui est le sien du côté de Manchester. Autre grosse satisfaction sur le plan défensif : Toulalan, qui a gratté deux fois plus de ballons que tout le monde, a confirmé qu'il peut gérer le travail de récupération tout seul.


Enfin, une dernière excellente nouvelle pour la route (vers l'Afrique du Sud, bien sûr) : on a retrouvé le Gourcuff de l'an dernier. A son actif, une excellente distribution du jeu, avec notamment plusieurs décalages en jeu court sur l'aile droite pour envoyer Sagna au centre, ou encore des renversements de jeu par des transversales millimétrées en jeu long vers Ribéry. Il a aussi très souvent tenté sa chance sans se poser de question et retrouvé sa spontanéité. Il aurait d'ailleurs mérité d'être récompensé par un but (celui qu'il a inscrit a logiquement été refusé pour hors-jeu). Chose rare (qui mérite donc d'être soulignée) : on l'a aussi vu beaucoup défendre, en taclant, en pressant, ce a quoi il nous avait rarement habitué. Seul petit bémol : toujours autant de déchet sur coups de pied arrêtés.


Enfin, on constate que l'équipe a beaucoup tourné sans que le niveau de jeu ne s'en ressente de manière négative sur le terrain (au contraire même). Le truc, c'est que ces changements ont été opérés poste pour poste : Anelka/Henry, Gallas/Squillaci, Toulalan/Diarra, Govou/Valbuena, Malouda / Diaby, Ribéry / Gignac. Le tout sans changer de système. Les joueurs ont donc prouvé leur capacité à s'adapter à un schéma tactique défini à l'avance, sur lequel on peut désormais s'appuyer sans partir dans l'inconnu : les joueurs changent, le système reste.


Les remplaçants ont donc globalement tous effectué une bonne entrée en jeu. Plus particulièrement, Diaby et Valbuena ont été décisifs sur le deuxième but (remake du but Costaricien de Carlos Hernandez : frappe tendue à mi-hauteur, avec le rebond juste devant le gardien, et sur le même but). Au passage, on peut dire que Valbuena, affublé ce soir du n°10 de Platoche et Zizou de façon assez étonnante pour une première sélection, réussit justement plutôt bien ses premières. On se souvient notamment que pour son premier match de Ligue des Champions sur la pelouse d'Anfield, « le petit » (dixit Erik Gerets) avait offert à l'OM sa première victoire européenne à Liverpool. Et ce soir, rebelote : premier match en Bleu, et premier but. L'histoire dit même qu'Evra l'avait prédit...


Au rayon des points négatifs, on trouve quand même (en cherchant bien) plusieurs choses à redire et à parfaire. La première, ce sont les coups de pied arrêtés, mal français par excellence depuis des mois, voire des années. Même face au Costa Rica, pas spécialement réputé pour être un spécialiste du genre, avec des gabarits moins imposants, ce secteur a été défaillant chez les Bleus, entre inefficacité offensive et fragilité défensive. Les corners et coups-francs – frappés la plupart du temps par Gourcuff, mais pas exclusivement – n'ont débouché sur aucune situation dangereuse devant le but de Navas, tandis que les Bleus se sont fait peur plusieurs fois dans cet exercice (avec notamment une tête sur la barre à bouts portants, représentative des absences de marquage). Cette défense, justement, n'a pas toujours respiré (et inspiré) la sérénité, avec plusieurs fautes de placement des deux centraux notamment (Abidal sur le but, Gallas sur la barre). Ce qui sera peut-être corrigé lors des deux prochains matchs, avec en plus le retour de Lloris en tant que patron de la défense, à la place d'un Mandanda qui paraît toujours aussi fébrile chez les Bleus.


Le déséquilibre assez criant entre le côté droit et le côté gauche dans l'animation offensive s'avère également problématique. En effet, les Bleus ont attaqués à outrance sur le côté gauche – ce qui a plutôt bien fonctionné, certes. Mais en face, ce n'était « que » le Costa Rica. Mais en appuyant et en privilégiant clairement un côté plutôt que l'autre, les Bleus prennent le risque de faciliter la lecture de leur jeu par leur adversaire, qui n'a plus qu'à bloquer le côté en question. Et dans ce cas là, il faut être en mesure de pouvoir proposer autre chose, ce que les Bleus n'ont pas spécialement montré hier soir (malgré quelques bonnes percées de Govou et les montées à répétition de Sagna).


Last but not least, il faut tout de même dire que les Bleus ont joué à dix pendant toute la deuxième mi-temps, suite à l'entrée en jeu de Thierry Henry en lieu et place de Nicolas Anelka. Le Barcelonais a traversé les 45 dernières minutes tel un véritable fantôme : zéro pressing, décrochages inutiles à chaque offensive de l'équipe, duels perdus, etc. Le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France à la ramasse, ça fait quand même peine à voir...


Les deux derniers matchs seront peut-être l'occasion de tester des alternatives crédibles à Nicolas Anelka en pointe (Cissé, Gignac ?). Il faudra aussi confirmer le bon résultat d'hier soir, et ce dès dimanche prochain en Tunisie. Mais si les Bleus développent le même jeu que ce soir, on ne se fait pas trop de souci pour eux...

 

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dok 29/05/2010 13:05


c'est mon point de vu en mettant Anelka a droite il pourrait avoir la liberté de décroché et Cissé en pointe donnerai plus de profondeur au jeu espéreront le voir a l'œuvre dimanch'


Bastien 28/05/2010 14:34


@ Nicolas : "Titi, si tu nous écoutes"... :)


Bastien 28/05/2010 14:34


@ dok : attention, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit hein ! Pour moi, Govou reste le choix n°1 à droite, de par sa régularité et son travail défensif. Après, c'est sûr que c'est pas aussi
percutant qu'un Ribéry à gauche. Il faut juste assumer d'avoir un côté plus fort que l'autre.

Pour ce qui est d'Anelka, je répète qu'il n'a pas sa place dans cette équipe de France là. A Chelsea, il joue en soutien de Drogba, en 9-et-demi. Le problème, c'est que les Bleus ne jouent qu'avec
une pointe, et qu'Anelka ne pèse pas suffisament pour être celui-là. Donc oui, Cissé, pourquoi pas, faudra essayer contre la Tunisie et la Chine.


Nicolas 28/05/2010 01:53


Je suis d'accord avec à peu près tout, et j'ajouterais que concernant les coups de pied arrêtés de Gourcuff, je crois que c'est clairement un problème de confiance. C'est typiquement sur ce genre
d'exercices que la confiance est très importante, mais en répétant les prestations de ce niveau pendant les prochains matches, il est fort probable qu'il en engrange. Gourcuff a le potentiel et les
qualités pour être un semi-patron de cette équipe, il faut qu'il l'assume un peu plus, même si ça plaît pas à tout le monde, même comme tu l'as souligné, quand on est cuit au point d'être à la
ramasse sur chaque action, on évite d'empêcher les autres d'exprimer leur talent.


dok 27/05/2010 21:50


Une équipe type avec lloris dans les buts et une attaque ribery-cissé-anelka serait préférable avec valbuena en joker de luxe. Car je trouve que govou aussi n'a pas montré grand chose.