Ils ont tué l'Équipe de France

Publié le par Bastien PYZ

 

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Après une ultime défaite des Bleus face à l'Afrique du Sud de Khumalo, la France a mal au cul (pardonnez-moi le jeu de mot). Mascarade, déroute, débâcle, fiasco ; tous les mots sont bons pour qualifier le parcours désastreux des Bleus. Le bilan comptable est tout bonnement catastrophique : trois matchs, un nul, deux défaites, un seul but marqué contre quatre encaissés, avec à la prime, la dernière place du groupe, avec un tout petit point. Les Bleus sortent donc de la compétition la tête bien basse, et la queue entre les jambes.

 

Pourtant, comme on pouvait s'en douter, l'Uruguay et le Mexique ont joué le jeu dans le match au sommet du groupe A, afin d'éviter l'Argentine en huitièmes. Grâce à la victoire de l'Uruguay, les Bleus ont même eu leur destin entre leurs mains l'espace d'une mi-temps. Mais comme on le redoutait, ils n'ont pas su profiter de ce résultat favorable et se sont montrés incapables de faire le boulot de leur côté face à l'Afrique du Sud. Il fallait gagner par au moins trois buts d'écart ; ils ont perdu 1-2.

 

Domenech, fidèle à lui-même jusqu'au bout, a encore réussi à mettre cette défaite sur le compte de la traditionnelle erreur d'arbitrage (le rouge direct – inexistant, du reste – récolté par Gourcuff), refusé de serrer la main à son homologue champion du monde Carlos Alberto Pareira, et rabâché le refrain qu'on entend depuis des mois : cette équipe a du potentiel. En tant qu'observateur de l'équipe de France, la seule chose que j'ai pu constater au cours de ces deux semaines, c'est le potentiel impressionnant dont les Bleus ont su faire preuve dès lors qu'il s'agissait de saboter l'ambiance et de saborder leur compétition.

 

Plus que l'élimination purement sportive, c'est la manière dont les choses se sont déroulées qui fait mal. Tout au long de leur périple, les Bleus nous ont livré quelques scènes tout à fait surnaturelles. Des joueurs qui refusent de s'entraîner et de faire ce pourquoi ils sont (trop) payés, qui s'insurgent contre leur sélectionneur, qui désavouent délibérément chacun de ses choix, le tout devant les caméras du monde entier, c'est tout simplement du jamais vu. Sur le terrain, on avait déjà perdu l'envie, et la joie de vivre en-dehors ; voilà que le respect a également disparu. La question que je me pose, c'est : comment se fait-il qu'à seulement vingt ans, j'ai déjà l'impression de parler comme un vieux con ?

 

Le plus incroyable dans l'histoire, c'est que le meilleur joueur de l'équipe depuis plusieurs semaines a débuté deux de ces trois matchs sur le banc, pendant que des mecs comme Anelka, Govou, Gallas, voire même Ribéry, étaient confortablement installés dans leur fauteuil (roulant, évidemment) de titulaires inamovibles. Florent Malouda a été le seul à faire preuve d'un minimum d'amour propre et de volonté d'aller de l'avant sur le terrain. C'est  lui qui a marqué le seul but de cette équipe en trois matchs. Enfin, il a eu le courage de se pointer devant les journalistes à chacune de ses sorties, et le mérite d'assumer ses états d'esprits, contrairement à l'ensemble du vestiaire des Bleus sans exception.

 

Pendant ce temps-là, Patrice Evra, notre cher capitaine intérimaire l'espace de cinq matchs, partait en croisade contre le « traître » qui a eu le malheur de rompre le silence du vestiaires après les propos tenus par Anelka contre son sélectionneur, et promettait de rétablir la vérité très bientôt sur cette affaire. Soit dit en passant, je tiens à remercier ce « traître » (qui qu'il puisse être), pour avoir révélé à la France entière la réalité de la vie (ou plutôt de la mort) de ce groupe. Cette réalité, on a tout fait pour nous la cacher (comme toujours depuis plusieurs années maintenant).

 

Cet échec, c'est donc (aussi) celui d'une communication désastreuse. Domenech avait promis de faire des efforts sur ce point ; il s'est encore bien foutu de nous. Pire : il a contaminé l'ensemble du vestiaire, refusant systématiquement de nier l'évidence – la supériorité de l'adversaire, et leur propre médiocrité (pour ne pas dire plus) –, refusant carrément de se présenter en conférence de presse, obéissant à la censure pour coller au crédo de ce groupe : rien ne doit filtrer (je vais bien, tout va bien). Dans le jargon, on appelle ça de la désinformation. Dans cet environnement pourri par les consignes d'expression, la vague d'excuses et de demandes de pardon en règle semble avoir été orchestrée et organisée jusque dans les moindres détails, jusqu'à en perdre toute crédibilité.

 

Du côté des officiels que sont Jean-Pierre Escalettes, président de la fédé, ou encore Roselyne Bachelot, ministre des sports, le discours ne varie pas d'un iota : de la langue de bois à l'état pur. Et quand on demande à ces responsables de rendre des comptes au peuple français quant aux événements que l'on sait, voilà en somme ce que l'on nous répond : aujourd'hui, l'heure n'est pas encore à l'analyse, rien ne sert de se précipiter ; demain, il sera déjà trop tard, il faudra déjà se tourner vers l'avenir. Avant l'heure, c'est pas l'heure ; après l'heure, c'est plus l'heure.

 

Nombre d'erreurs ont donc été commises. La première relève des dirigeants, des « têtes pensantes » du football français, qui ont fait preuve d'une incompétence notoire en reconduisant Raymond et sa bande après le fiasco total de l'Euro 2008. La deuxième découle de ce choix (ou plutôt de cette absence de choix), qui a accentué le désamour entre les Bleus et leur public, auquel ils ont infligé des prestations indignes de l'équipe de France.

 

Mais j'ai envie de dire qu'indépendamment des choix du sélectionneur, n'importe quel joueur qui enfile le maillot de l'équipe de France, qu'il soit bon ou mauvais, se doit de faire preuve de bien plus de valeurs que ce que l'on a vu en trois matchs. Govou, victime de l'incompétence du sélectionneur qui choisit de l'aligner, a le droit d'être mauvais ; mais il n'a pas le droit de marcher sur le terrain.

 

Il ne s'agit donc pas de faire le procès du sélectionneur, qui nous a habitué à cette médiocrité depuis plusieurs années maintenant. Après tout, compte-tenu de ce que les Bleus ont montré – ou n'ont pas montré – depuis l'Euro 2008 jusqu'aux trois matchs de préparation, en passant par une campagne de qualification chaotique, il ne fallait pas s'attendre à voir des miracles.

 

On attendait simplement un peu d'envie, un peu d'enthousiasme, un peu d'orgueil, d'amour propre, d'amour du maillot, et de reconnaissance envers tout ceux qui les soutiennent et qui croient en eux. D'ailleurs, j'ai une pensée confuse pour tous ces gens – un peu naïfs, certes – à qui on a vendu du rêve, et qui se sont saignés pour suivre les Bleus jusqu'au bout du monde.

 

Ce qu'il reste aujourd'hui, c'est que le football français a touché le fond et souffre d'une image déplorable. Après avoir apprécié le coup de boule de Zizou ou la main d'Henry, les jeunes footballeurs en herbe pourront désormais s'inspirer de la bande de branquignoles qui nous sert de sélection nationale.

 

La seule bonne nouvelle dans l'histoire, c'est qu'on ne peut pas tomber plus bas. Désormais, il va falloir repartir à zéro, reconstruire à partir de rien. Laurent Blanc a du pain sur la planche...

 

En tout cas, je tenais à le dire : MESSIEURS, VOUS ÊTES LA RISÉE DE TOUTE LA FRANCE (voire du monde entier), ET VOUS FAITES HONTE AU PAYS QUE VOUS DEVRIEZ HONORER.

 

Le retour dans l'hexagone promet d'être bien plus mouvementé que vous ne pouvez l'imaginer (enfin, pour ceux qui repasseront par la France avant de repartir à l'étranger pour rentrer dans leurs clubs respectifs)...

 

 

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emelinebecuwe 30/06/2010 14:32


Balle de But

Une balle qui franchit la ligne et un arbitre qui n’accorde pas le but…. Ce n’est plus ne erreur… c’est une faute d’arbitrage. Mais les anglais en ont vu d’autres.
Un hors jeu non sifflé contre l’Argentine et c’est tout le sort de la coupe du monde qui est scellé.
En revanche, on peut faire contre mauvaise fortune, bon cœur et se dire que ces défaillances sont la seule part qu’on a bien voulu laisser au hasard… qui nous rappelle que le plus petit peut damer
le pion au plus grand.
Le plus précieux : c’est le jeu avec un soupçon d’incertitude et un zest d’ingratitude !
Les huit nations qui restent encore engagées dans la compétition l’apprendront peut-être à leurs dépens :
La volonté de chance l’emportera sur la volonté de puissance.
L’Inter sur le Barça, il y a quelques jours et l’Argentine sur le Brésil dans quelques jours.
On parie !
http://www.tueursnet.com/index.php?video=balle%20de%20but
Très cordialement
Emeline Becuwe, rédactrice du journal en ligne
http://www.tueursnet.com


@lexis 23/06/2010 15:41


Toute fin est un début.
Faut-il ne serait-ce que commenter l'indicible ? La campagne de 2010, bien plus encore que celle de 2002, restera comme une pierre noire dans le jardin français.

L'Equipe de France a connu des désastres sportifs comme en 2002, donc, ou en 1993 pour citer les plus récents, mais le néant actuel est sans précédent dans sa dimension extra-sportive
justement.

Alors accordons le grand pardon demandé par un ex-capitaine (je reconnais d'aileurs moi aussi mon erreur : il n'aurait jamais du l'être). Pardon à l'équipe de France, pas aux médiocres qui se sont
noyés dans ce maillot trop grand pour eux.

Repartons à zéro. Avec Laurent Blanc (heureusement qu'il est déjà nommé, on gagne du temps !), avec un nouveau président de la FFF inédit et à la hauteur (qui ? comment ?) et une nouvelle équipe,
un nouveau challenge, une nouvelle dynamique, et des objectifs revus à la baisse sportivement mais une ambition de reconquête de tout un pays.