Inter-Bayern, à l'italienne

Publié le par Bastien PYZ

 

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Catenaccio® (n.m. italien) : cadenas. Synonyme : verrou. Expression : fermer le cadenas / la boutique (à double-tour).

Vous avez dit catenaccio ? Et bien c'est ce même cadenas qui a encore fonctionné à merveille hier soir sur la pelouse de Santiago Bernabeu. Et c'est José Mourinho qui avait gardé la clé. Oui, la victoire de l'Inter, c'est d'abord celle de Mourinho. On dit souvent que la force des grandes équipes (et a fortiori, des grands entraîneurs), c'est d'être capable de s'adapter quel que soit l'adversaire. Samedi soir, Mourinho a été encore plus malin que ça : il a forcé son adversaire à s'adapter à son équipe, ce que le Bayern n'a pas su faire. « Mou le sorcier » a aussi réussi à convaincre Eto'o et Pandev notamment de jouer quasiment en tant qu'arrière latéraux bis en couverture, et rien que ça, ça mérite le respect. De sacrées bonnes individualités, certes, mais au service du collectif. Et même si sur le papier, l'équipe alignée par Mourinho depuis des semaines paraissait ultra-offensive (Milito-Eto'o-Pandev-Sneijder), sur le terrain, c'était bien Milito devant, et tous les autres derrière. Prêts à exploser vers l'avant au moindre faux-pas de l'adversaire. La tactique était connue ; c'est pratiquement la même équipe et les mêmes joueurs qui sont alignés à chaque match depuis le début de la compétition. Pourtant, aucune équipe, aucun tacticien, ni le Chelsea d'Ancelotti, ni le Barça de Guardiola, ni le Bayern de Van Gaal, ne sont venu à bout de l'Inter de Mourinho. En demies, c'est Lionel Messi, transparent, qui en avait fait les frais. Cette fois-ci, la force du Bayern, c'était son milieu de terrain Schweinsteiger – Van Bommel. Mais ces deux là n'ont pas plus pesé que le Ballon d'Or du Barça, l'Inter ayant choisi de jouer très bas et de sauter le milieu. La bataille du milieu savamment contournée par Mourinho, la partie a souvent ressemblé à un attaque-défense entre Bavarois et Lombards. Et à ce petit jeu, ce sont les hommes de Mourinho qui se sont montrés les plus forts. On retiendra un face-à-face : celui entre Demichelis et Milito. Le défenseur argentin a été à la pêche pendant tout le match face au talent de son compatriote, buteur deux fois en solo. Soit dit en passant, je n'ai jamais vu un match de Demichelis sans erreur tactique, faute de placement, boulette à la relance, etc. Et si l'Argentine dispose d'une force de frappe hors du commun (Milito donc, + Messi, Tevez, Aguerro & co), Maradona doit quand même avoir du souci à se faire au niveau de son arrière garde... Du côté bavarois, on retiendra que Franck Ribéry, dont l'absence a forcément pesé, a fait l'aller retour Tignes-Madrid pour rien. Ch'ti Franck devra donc patienter encore un peu avant de pouvoir soulever la Coupe aux Grandes Oreilles. Ce qui n'est pas le cas de Samuel Eto'o. Pour le Camerounais, l'histoire est d'autant plus belle qu'il a quasiment été jeté comme un malpropre par le Barça l'année dernière. Aujourd'hui, il remporte sa deuxième Ligue des Champions consécutive (sa troisième en tout), sur la pelouse du Real (par lequel il est également passé), et après être venu à bout de ses anciens coéquipiers au tour précédent. A ce rythme là, il va aussi falloir se méfier des Lions Indomptables en Afrique du Sud... En lâchant Ibra a prix d'or au Barça, et en récupérant Eto'o dans l'affaire, l'Inter du président Moratti s'est offert de quoi terminer sa saison en apothéose, avec un triplé Championnat – Coupe d'Italie – Ligue des Champions historique. De quoi aussi partir sur une bonne note pour Mourinho, qui s'est offert un tour d'honneur devant un public de Bernabeu totalement acquis à la cause de son futur entraîneur, avec la satisfaction du devoir accompli...

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