Le football britannique va mal

Publié le par PYZ Bastien

 

Le football britannique vit des heures difficiles. Les mauvaises nouvelles s'enchaînent outre-Manche.

 

En Angleterre, c'est peut-être la fin d'un système à laquelle nous assistons. La Premier League, et les sommes faramineuses qu'elle brasse depuis des années, commence à payer les pots cassés. Portsmouth pourrait en effet devenir le premier club de l'élite placé en liquidation judiciaire, la faute à des comptes qui sont plus que dans le rouge, et des millions de dettes que Pompey ne parvient pas à honorer. Car au-delà de sa dernière place au classement de la Premier League, c'est bien les finances du club qui inquiètent. Les joueurs – quand ils sont payés – reçoivent leur feuille de paye avec des jours voire des semaines de retard. Le site internet du club a même été momentanément fermé il y a peu.

 

Dans un premier temps, la ligue anglaise a prononcé une interdiction de recrutement. L'interdiction a finalement été levée contre des « garanties financières » (un bien grand mot). Mais désormais, l'heure n'est plus au renforcement d'un effectif pourtant très correct, mais à la vente au détail des joueurs ayant la plus forte valeur marchande. Le premier de la liste a été Younes Kaboul, parti à Tottenham pendant le mercato. L'international algérien Nadir Belhadj pourrait très vite lui emboiter le pas, malgré la fin du marché des transferts. En effet, Portsmouth a demandé à la FIFA une autorisation exceptionnelle afin de brader quelques uns de ses joueurs pour renflouer les caisses trouées hors période de soldes.

 

La disparition de Portsmouth parmi le paysage footballistique anglais serait un véritable drame. Non pas que je soit un inconditionnel du club, pas plus que celui-ci ne fasse partie des clubs historiques de la Premier League. Non, l'explication est ailleurs : si Portsmouth venait à sombrer, le Sud de l'Angleterre ne compterait plus aucun club parmi l'élite. En effet, depuis la descente aux enfers de Southampton, le rival historique, Portsmouth est le seul représentant de toute une région (imaginez la Ligue 1 sans l'OM, Nice, Monaco ou Montpellier...). Même si les deux clubs se sont offert un derby en Cup (remporté par Portsmouth), cette petite éclaircie n'est que temporaire dans la grisaille qui règne au dessus des deux clubs.

 

L'Angleterre, et sa ligue à la législation très souple en matière de dépassements financiers comparé à notre Ligue 1, commence à prendre conscience des limites de son modèle. En France, la DNCG veille aux moindres écarts de budget et sanctionne facilement les mauvais élèves, rétrogradant si nécessaire certains clubs à des échelons plus bas dans la hiérarchie du football (jusqu'aux divisions amateures dans certains cas). En Angleterre, on a longtemps laissé faire les mécanismes du marché, si bien que la chute n'en sera que plus brutale. En France, une équipe comme Portsmouth aurait déposé le bilan depuis bien longtemps.

 

Mais la nouveauté cette année en Premier League, c'est que les petits clubs ne sont plus les seuls à être inquiétés. La crise est passée par là et a considérablement affaiblie les actionnaires de Chelsea, Manchester United ou Liverpool. Il y a peu, les Red Devils annonçaient des dettes record. Chelsea a pour sa part également été sanctionné d'une interdiction de recrutement (même si celle-ci a été levée comme par enchantement). Quand à Liverpool, déjà éliminé de la Champion's League, une non-qualification pour la C1 l'année prochaine serait une catastrophe, sportive évidemment, mais également avec des conséquences financières non négligeables.

 

La fin annoncée du Big Four coïncide aussi avec une légère baisse de compétitivité des clubs anglais sur la scène européenne. Cette saison, il ne sont d'ailleurs « que » trois en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Chose qui n'était plus arrivé depuis la saison 2005-2006, où Manchester United (dans le groupe de Lille) n'était pas parvenu à passer les poules. Un détail à première vue, qui pourrait néanmoins se transformer en tendance lourde sur les prochaines saisons.

 

Mais quand je parle de football britannique, je ne parle pas que de la Premier League anglaise. A côté de ce géant, un autre championnat mineur tente bien malgré de survivre en Ecosse. Incapable de soutenir la comparaison avec son voisin, le championnat écossais est à l'agonie. On apprend aujourd'hui qu'à partir de la saison 2011-2012, l'Ecosse ne bénéficiera que d'une seule place en Champion's League, réservée au vainqueur du championnat. Les clubs écossais payent ainsi leurs mauvais résultats en Coupe d'Europe : les Rangers ont terminé à la dernière place de leur groupe en Champion's League derrière l'Unirea Urziceni, et avec seulement deux points au compteur. Les Celtics, quant à eux, se sont arrêtés à l'Europa League, 3ème d'une poule dominée par l'Hapoel Tel-Aviv... La bonne affaire est pour le championnat belge, qui récupère la place laissée vacante par les Ecossais, au prix d'un coefficient UEFA en progression grâce aux bons résultats des clubs belges en Europa League (FC Bruges, Standard de Liège, Anderlecht en bonne position pour accéder aux ¼ de finale). A partir de 2011, le vieux Old Firm, le derby entre Rangers et Celtics, retrouvera peut-être un peu d'intérêt avec cet enjeu supplémentaire. A moins que d'ici là, les deux gros d'Ecosse n'aient rejoint la Premier League anglaise, beaucoup plus intéressante sur les plans sportifs et financiers...

 

 


Le bilan du football britannique sur le plan international n'est guère plus reluisant. En juin prochain, l'Angleterre sera bien présente à la Coupe du Monde, après avoir loupé l'Euro 2008. Mais comme en 2006, l'Angleterre sera la seule nation des îles britanniques présente. Ni l'Ecosse, ni l'Irlande, pas plus que le Pays de Galles ou l'Irlande du Nord ne feront le déplacement, une première depuis 1970.

 

L'Angleterre est donc bien qualifiée, mais après s'être rachetés de leur campagne européenne désastreuse de 2008, les Anglais préfèrent se tirer une balle dans le pied. Alors qu'on les élève au rang de favori avec sur le papier l'équipe la plus impressionnante au monde au complet, la sélection de sa Majesté est gangrénée par des affaires extra-sportives alors qu'il reste encore plusieurs mois avant le début de la compétition. Captain Terry a ouvert la voie avec son aventure extra-conjugale qui a fait le tour de la planète. Sous la pression de la presse, Terry s'est vu retirer le brassard de capitaine par Capello, très à cheval sur la discipline. Une sanction voulue à titre d'exemple compte-tenu des valeurs que se doit de véhiculer un leader, sur et en-dehors du terrain. L'affaire, bien qu'ayant pris des proportions démesurées, aurait très bien pu s'arrêter là. Sauf que certains tabloïds anglais sont même allés jusqu'à remettre en question la participation de Terry à la Coupe du Monde. A storm in a teacup...

 

Ashley Cole, pas le dernier quand il s'agit d'aller mettre le nez (et ce que vous savez) sous les draps des plus affriolantes minettes du tout Londres, a pour sa part suivi l'exemple de son capitaine en sélection et en club (quand on vous dit que le capitaine montre l'exemple...). Cette semaine, Cole faisait à son tour la une de la presse à scandale britannique pour une liaison (dangereuse) avec une secrétaire en 2008. En revanche, Cole ne devrait pas avoir trop de souci avec Capello, étant donné que sa participation à la Coupe du Monde est déjà compromise suite à une vilaine blessure contractée avec Chelsea. La place d'arrière gauche vacante pourrait profiter à Leyton Baines, l'excellent latéral d'Everton. A moins que Wayne Bridge, le cocu de l'histoire, ne lui soit préféré aux côtés de Terry...

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                                                             God save the queen...


(PS : j'avais aussi prévu de vous parler un peu des cas Patrick Vieira et Arsène « Caliméro » Wenger, respectivement après le coup de boules du premier, et la sempiternelle complainte contre l'arbitrage – théorie du complot du second. Mais vu le pavé que je viens de pondre, et l'heure tardive, je vous épargne les détails... :)


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Bastien 20/02/2010 11:42


Félicitations _rem, tu as tenu jusqu'au bout de l'article !

Mais tu sais ce qu'on dit : l'herbe est toujours plus verte ailleurs, et c'est d'autant plus vrai chez les footballeurs... :)


_rem 20/02/2010 11:35


si ashley cole veut pas de sa femme moi j'en veux bien. :chien: