Ligue des Champions : Bordeaux fait le métier, Marseille régale

Publié le par Bastien

Les Girondins de Bordeaux sont qualifiés pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions grâce à leur victoire 2-0 face au Bayern Munich. Bien malin celui qui aurait pû prédire un tel avenir après seulement quatre journées dans un groupe composé notamment de la Juve et du Bayern. En tout cas, il s'agit d'un bien bel exploit – n'ayons pas peur des mots – qui vient confirmer tout le bien que l'on pense des clubs français en coupe d'Europe cette saison.

Non, vous ne rêvez pas


Pour faire court, on s'est clairement emmerdé pendant ce match. Dès le départ, la composition des Girondins qui s'affiche sur les écrans de Canal + inquiète : Chamakh ailier gauche, Gourcuff avant-centre et personne à droite. En fait, Bordeaux est venu se la jouer modeste chez le grand Bayern, configuration « on résiste aux assauts et on place un contre au cas où ».

 

Sauf que le Bayern sans Ribéry et Robben n'est rien, une bonne équipe de Bundesliga tout au plus. Alors qu'avec Gourcuff et Chamakh, Bordeaux est grand. Encore un but sur coup de pied arrêté pour le Breton, et premier but de sa carrière en Ligue des Champions pour le Marocain qui fond en larmes. Les commentateurs exultent et se permettent même quelques folies. Après Kim « Challström » prononcé à la suédoise, Christophe Josse ose un Louis Van « Raal », le coach du Bayern, dégusté à la sauce hollandaise. Pendant ce temps, Raynald Denoueix philosophe sur le jeu de corps de Luca Toni : « Toni, c'est avec les bras qu'il fait la différence ; malheureusement, le foot, ça se joue aussi avec les pieds ». Certes.

 

Pourtant, certains garçons se débrouillent très bien avec leurs pieds côté Bayern, mais sans le ballon. Je veux bien sûr parler de Timoschuk et surtout de Van Bommel le salopard, qui s'en tirent miraculeusement sans carton dans ce match, alors que l'arbitre a eu la main facile contre les Bordelais Planus ou Diarra. Il a aussi oublié un pénalty pour une main de Ciani dans la surface à 0-0. Enfin, l'essentiel est là : la victoire, et la qualification.


Et surtout, de beaux espoirs pour la suite du tournoi pour ces Girondins. Comme le dit si bien un Gourcuff – toujours aussi hallucinant de lucidité à chaud – au micro d'un Paganelli mort de rire et complètement impressionné de voir qu'un joueur puisse lui répondre par une dissertation thèse – antithèse – synthèse à partir d'une question ne dépassant pas trois mots ; on sent que les Bordelais ont franchi un cap cette année en Ligue des Champions. Les joueurs impressionnés qui s'étaient pris une valise 0-4 à Chelsea l'année dernière ont cédé leur place à des joueurs sûrs de leurs forces. En fait, l'effectif n'a pratiquement pas changé ; mais l'équipe, elle, est transformée, capable de gagner même sans briller. La marque de fabrique des grandes équipes.

 

 

 

 

Pendant ce temps sur la Canebière, l'OM a fait le show face à Zurich. L'affiche était certes moins alléchante, mais tout aussi cruciale pour les Marseillais qui avaient absolument besoin de victoire pour rester en vie dans leur groupe.

 


Cette victoire, ils l'ont acquis avec la manière, et surtout avec les buts : 6-1, jeu, set et match. Avec un brin de réussite aussi.

 

L'ouverture du score est signée d'un défenseur suisse contre son camp. Quelques minutes plus tard, Abriel remet ça sur coup-franc, la copie conforme du premier but, le défenseur suisse en moins, mais avec au moins deux positions de hors-jeu actifs non-sanctionnées qui gênent clairement le gardien. On peut aussi parler du tacle très limite de Bocaly en tant que dernier défenseur. Diawara avait concédé le pénalty à Madrid pour à peu près la même chose, mais au Vélodrome, l'arbitre anglais avait décidé d'arbitrer à l'anglaise.

 


La suite, ce sont quatre autres buts tous plus beaux les uns que les autres (à part celui de Brandao), et quatre nouveaux buteurs différents : une-deux magnifique entre Koné et Niang, qui lobe le gardien tout en finesse ; demi-volée d'un Hilton très convaincant ; puis chef-d'oeuvre de Cheyrou, frappe de 25 ou 30 mètres en pleine loche, du gauche ou droit, je ne sais plus. Mais de toutes façons on s'en fout, personne ne sait lequel est le moins bon des deux. Faut-il lancer une pétition pour voir la classe du plus jeune et du plus doué des Cheyrou en équipe de France ?

 

Toujours est-il qu'en deux matchs face à Zurich, le bilan comptable des Marseillais s'est nettement amélioré. Avec ces deux victoires, l'OM totalise désormais six points, à seulement une longueur du Milan et du Real. Et comme ils affronteront directement ces deux équipes pour les deux dernières journées, tout reste possible...

 




Pour que cette semaine Ligue des Champions soit parfaite pour les clubs français, il ne reste plus qu'à espérer une victoire de l'OL demain face à Liverpool, qui les propulserait aux côtés des Girondins en huitièmes de finale. On se souvient lors de la dernière journée européenne que les trois représentants de la Ligue 1 engagés dans la compétition s'étaient tous imposés, fait rare. Au cas où Lyon venait à s'imposer demain soir, la stat' serait encore plus exceptionnelle, puisque cette performance serait réalisée deux fois d'affilée, ce qui n'a peut-être jamais été le cas dans l'histoire européenne du football français. Cocorico !



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