Lorient, meilleur club de France ?

Publié le par PYZ Bastien

 

Audard

Sosa – Marchal – Koscielny – Le Lan

Amalfitano – Mvuemba – S. Diarra

Vahirua – Gameiro – Dubarbier

 

Ça a de la gueule ça, non ? Et ben ça, c'est tout simplement le onze type potentiel d'un des plus petits budgets de la Ligue 1 : le FC Lorient. En effet, les Bretons du sud présentaient en début de saison le 16ème budget de l'hexagone selon l'Equipe avec seulement 30 millions d'euros. Loin derrière les 200M€ de l'OL, les 105M€ de l'OM ou les 80 M€ de Bordeaux et du PSG. Mais aussi derrière des clubs comme Saint-Etienne, Sochaux, Le Mans ou Nice, qui souffrent pourtant de la comparaison avec les Merlus au classement. Malgré cela, le club est parvenu à se stabiliser durablement en Ligue 1 depuis plusieurs années, s'épargnant la lutte contre la relégation de plus en plus tôt dans la saison, et se payant même le luxe d'être cité par certains comme l'équipe la plus sympa à regarder jouer de la Ligue 1. Alors, c'est quoi le secret ?

 

Pour commencer, on ne peut pas parler de Lorient sans parler de Christian Gourcuff. L'image du club est quasi-indissociable du père de l'autre. Gourcuff est encore loin des 40 ans de Guy Roux à la tête de l'AJ Auxerre, mais avec plus de 15 ans d'ancienneté chez les Merlus, il n'a pas vraiment de quoi rougir de la comparaison non plus. Malgré quelques aventures dans d'autres clubs de l'ouest (Le Mans, Rennes, Pont-l'Abbé) ou à l'étranger (Qatar), ainsi que des appels du pied de clubs plus huppés (le PSG notamment), Gourcuff est resté fidèle à l'équipe qui lui a offert sa première expérience d'entraîneur. Cette année, il a en plus été séduit par le projet sportif du nouveau président du club, Loïc Féry, qui lui accorde davantage de responsabilités au sein du club (recrutement, comité éxécutif) dans un rôle de manager général à l'anglaise. Un peu à la manière d'Arsène Wenger à Arsenal, Gourcuff père a su imposer sa patte sur le style de jeu d'une équipe relativement jeune, prônant le beau jeu en mouvement et à deux ou trois touches de balles maxi. Une philosophie de jeu qu'il a toujours défendu, et ce quelques soient les joueurs dont il dispose.

 

Les joueurs justement, parlons-en. Réputé pour être un formidable révélateur de talents, Lorient se fait dépouiller à chaque marché des transferts, tout simplement parce que le club n'a pas les moyens financiers pour retenir les joueurs, qu'ont l'OL, l'OM ou le PSG pour les attirer. En début de saison, Lorient a peut-être perdu ses trois meilleurs joueurs : Ciani à Bordeaux, Abriel à l'OM et Jallet au PSG. Les saisons précédentes, les valeurs marchandes se nommaient Baki Koné ou André-Pierre Gignac. Mais alors qu'on leur prédit chaque année une saison galère, c'est tout le contraire qui se produit. Car à chaque fois, la cellule recrutement fait des miracles. Les partants sont toujours remplacés sans perdre au change, et le club fait même bien souvent de belles plus-values sur des joueurs achetés pour une poignée de cacahuètes.

 

Sur un mercato hivernal plutôt frileux, les Merlus ont une nouvelle fois su flairer les bons coups là où l'argent des « gros » n'a pas suffit à attirer des renforts. Aujourd'hui au centre d'entraînement, on pouvait donc voir deux nouvelles têtes dans les rangs des Tangos : Sebastian Dubarbier et Grégory Bourillon.

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Contrairement à ce que son nom pourrait prêter à penser, Dubarbier ne vient pas de Séville mais bien de Cluj, l'équipe roumaine qui a croisé la route de Bordeaux en Ligue des Champions l'année dernière. D'ailleurs, l'Argentin de 23 ans avait fait forte impression, réussissant même à s'attirer les faveurs de Jean-Michel Larqué pour ceux qui s'en souviennent. Le commentateur de TF1 n'avait cessé de faire l'éloge du gaucho, à base de « ohlala, qu'est-ce qu'il est bon ce petit Dubarbier, mais qu'est-ce qu'il est bon ! Il est vraiment très très bon », sans le lâcher d'une semelle du début à la fin du match (comme il sait du reste si bien le faire avec ses têtes de turc).

 

Grégory Bourillon, lui, connaît déjà la Bretagne. Formé au Stade Rennais comme Arnold Mvuemba, son parcours ressemble beaucoup à celui de son coéquipier, à la différence que Mvuemba a fait ses preuves à l'étranger du côté de Portsmouth, tandis que Bourillon ne s'est jamais imposé au PSG. Ce retour en terre connue est l'occasion rêvée de retrouver le niveau qui était le sien avant que Paris ne lui fasse les yeux doux. Ironie du calendrier, Grégory Bourillon aurait pu fêter ses retrouvailles avec le club de la capitale dès ce weekend puisque Lorient se déplace à Paris en championnat. Mais il semblerait qu'une clause entre les deux clubs l'empêche de rejoindre la liste pas très fermée des anciens joueurs du PSG qui marquent contre le PSG...

 

Toujours est-il qu'avec ce recrutement intelligent, Lorient prépare déjà la saison prochaine et se prépare déjà à voir les Gameiro, Vahirua ou encore Mvuemba mettre les voiles dès le mois de juin (pour peu que certains grands clubs ouvrent les yeux un peu plus grand). Mais là où beaucoup cèderaient au fatalisme de la chose, un club destiné à former ou acheter des bons joueurs pour les revendre dans la foulée, Lorient prend les choses avec sérénité, avec le sentiment d'avoir déjà assuré l'avenir. Les infrastructures sont en plein développement, afin de mieux coller à la progression du club. Le Moustoir vient d'inaugurer une nouvelle tribune et de battre son record d'affluence en même temps, et la construction d'un nouvel espace de vie regroupant le centre d'entraînement et le centre de formation sur un même site est à l'étude. A Lorient, tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes...



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