OUF...

Publié le par Bastien


La France ira bien en Afrique du Sud en juin prochain pour disputer la Coupe du Monde. Mais putain bon sang, que ce fut dur et laborieux.

 

Incapable de faire le métier durant les éliminatoires, il aura donc fallu 90 puis 120 minutes supplémentaires aux Bleus pour décrocher leur billet. On a eu au Stade de France le match qu'on attendait à Croke Park : des Bleus complètement tétanisés par l'enjeu, comme souvent incapables de se mettre le public dans la poche, et surtout bouffés dans tous les compartiments du jeu par des Irlandais se rappelant au terrible souvenir de la Grande Famine ; c'est-à-dire des joueurs affamés de ballons qui remportent absolument tous les duels. Au (dis)crédit de l'équipe de France : un jeu complètement prévisible, un déchet monstre même sur des passes à trois mètres, le ballon qui brûle les pieds, aucun rythme, des transmissions beaucoup trop lentes..., ce ne sont pas les circonstances aggravantes qui manquent.

 

La tactique de Trapattoni aura fonctionné à merveille, et aurait dû permettre à l'Eire de se qualifier pour la quatrième phase finale de Coupe du Monde de son histoire sans un coup du sort. Le coup du sort, c'est cette main de Thierry Henry qui amène le but de William Gallas et qui nous propulse en Afrique du Sud. Soyons clair, on voit mal comment les Français auraient pû s'en sortir autrement que grâce à ce fait de jeu. Le score final est 1-1, mais à 3-0 pour les Irlandais à la fin du temps réglementaire, personne n'aurait crié au scandale, tant les Bleus sont passés à travers leur match.

 

Mais voilà, cette main, tout le monde l'a vu, sauf l'arbitre (même s'il faut aussi dire que l'homme en noir oublie un pénalty sur Nicolas Anelka quelques minutes auparavant). On ne peut pas dire que l'équipe de France ne mérite pas sa qualification – ce serait oublier la domination des Bleus au match aller. On déplorera juste qu'un match de cette importance se joue sur une erreur d'arbitrage et sur l'ingratitude de Thierry Henry sur le coup. Pas sûr cependant que tout ça suffise à réconforter les Irlandais, qui ne garderont probablement pas un très bon souvenir du Stade de France...

 

Toujours est-il que la performance du match aller n'était qu'un gigantesque leurre auquel certains – moi le premier – auront mordu avec une grande naïveté et un optimisme qui ne rime pas avec équipe de France. Raymond la science, lui, le savait pourtant : « Mon pronostic, c'était 1-1, j'étais sûr qu'on allait se qualifier ». Décidément, les astres sont très bavards...

 

En tout cas, à défaut de se rassurer et de confirmer, l'équipe de France décroche l'essentiel : la qualification, même sans la manière. Pour le reste, on attendra l'Afrique du Sud (même en me relisant trois fois je n'arrive toujours pas à y croire quand je repense à la physionomie du match de ce soir...).

 

 
Les joueurs


Du côté des joueurs, pas grand chose à retenir, si ce n'est que Lloris s'est définitivement installé dans les cages de l'équipe de France, et certainement pour un bon bout de temps. Prise de balles sûres, sorties suicidaires dans les pieds de l'attaquant comme tout bon gardien qui se respecte, et surtout, un seul dégagement directement en touche dans ses 22m, on n'arrête plus sa progression fulgurante...


Le jeu offensif des Bleus aura très fortement penché sur le côté droit de Sagna en s'appuyant sur ses centres. Le problème, c'est qu'il faudrait peut-être penser à lui dire que les ballons aériens, c'est le jeu des Irlandais, mais certainement pas celui de l'équipe de France...


Gallas
devrait bientôt recevoir la légion d'honneur des mains du président Sarkozy pour services rendus à la nation, et pourrait en même temps échanger son maillot avec le n°10 inusité de Benzema.


Squillaci
a tenu la baraque, et on ne m'empêchera pas de penser qu'il aurait dû débuter la partie au lieu d'attendre qu'Escudé se blesse pour entrer en jeu.


Le fighting spirit made in Premier League d'Evra n'était pas de trop dans ce match engagé.


Orphelin de Toulalan, le milieu de terrain défensif des Bleus et ses deux Diarra(s) est passé à côté de son match, à côté de la plaque (tournante bien sûr).


Gourcuff
a été aussi transparent qu'à l'aller en multipliant talonnades inutiles et coups-de-pieds arrêtés qui n'ont de Cristiano Ronaldo que la course d'élan qui énerve. Et en plus cette fois, on ne pourra pas dire que c'est de la faute d'Anelka qui joue dans le même secteur.


Anelka
, justement, a joué beaucoup plus haut qu'en Irlande et s'est procuré les meilleures occasions, même en marchant.


Gignac
a certainement mesuré en l'espace de deux matchs le fossé qui sépare le haut du très haut niveau.


Henry
a disputé les prolongations sur une jambe, fait la différence sur une main, aura sa tête mise à prix en Irlande et devrait s'en prendre plein la gueule. Heureusement pour lui, la FIFA n'a pas encore son comité de visionnage et d'éthique.


L'Irlande, pays de la Guiness et du whiskey avec un « e », Govou ne pouvait rêver opposition plus appropriée. L'entrée du Lyonnais 100% pur malt et élevé au houblon coïncide avec le moment où les Bleus sont entrés dans leur match (autour de la 65ème minute). Avant d'en sortir très rapidement...


Malouda
est moche avec ses dreads, on dirait Jirès Kembo & Coco, le piercing au nombril en moins. Enfin, j'espère pour lui...

 

 

 
Le film du match : un scénario pas très catholique (et peu orthodoxe)

 

 

Nez pété pour Escudé, ça sent le pâté. Âmes sensibles, s'abstenir : ceci est son sang...



 Lloris rime avec sacrifice, et permet surtout aux Bleus de rentrer aux vestiaires avec un seul but de retard...



 

L'archange Domenech dispense ses dernières volontés à son plus fidèle apôtre et disciple :
il faut s'en remettre à l'intervention d'une mimine divine.
A côté, l'indisciple Govou se recueille pour mieux boire ses paroles. Rien que ses paroles.

 


Le stratagème maléfique fonctionne à merveille, bien que l'ennemi semble s'être aperçu de la supercherie.

 


Jeux de main – jeux de vilain, d'accord. N'empêche, on ne montre pas du doigt.
Et pis d'abord, c'est celui qui dit qui l'est, na...



 Thierry Henry s'agenouille pour remercier ce qu'il a de plus cher au monde :
ses sponsors, qui ont toujours cru en lui.



 L'injustice laisse un goût amer sur les lèvres de St Ledger, alias Michel Müller 

 


Il faut le voir pour le croire...

 

 

 

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bastien 23/11/2009 00:35


Merci Karim, je le prend comme un compliment ! :)


Karim Hameg 22/11/2009 01:37


Excellent exercice, qui rappelle les lucarnes des "Cahiers du Football".