Real-Barça, 'cantera gana a cartera'

Publié le par Bastien PYZ

 

Littéralement, « la pépinière triomphe du portefeuille », la une du quotidien catalan El Mundo Deportivo après la victoire du Barça sur la pelouse du Real (2-0) hier soir. La pépinière, c'est le centre de formation du Barça, la Masia, qui fournit allègrement l'équipe de Guardiola (Valdes, Puyol, Pique, Xavi, Busquets, tous titulaires au coup d'envoi, auxquels on peut ajouter Iniesta, entré en cours de jeu, Messi et Pedro, débauchés très tôt par le Barça, Bojan, resté sur le banc, voire Fabregas, parti à Arsenal et barré en sélection par... Xavi et Iniesta...). Le portefeuille, c'est celui de Florentino Perez, dont les placements financiers ressemblent de plus en plus à de l'argent jeté par les fenêtres de la Ciudad Real Madrid. Et le triomphe, c'est donc celui du Barça sur son éternel rival, célébré à l'unanimité par la presse espagnole, et qui offre désormais un boulevard aux Blaugranas dans la quête de la Liga.

 

Duel de Ballons d'Or

 

Pour revenir au match, vu la position des deux clubs, qui survolent une Liga qui ressemble de plus en plus à un championnat à deux équipes, ne laissant que des miettes à leurs concurrents, on s'attendait au match de l'année en Espagne. Certes, ce ne fut pas le festival offensif de l'an dernier, où le Barça avait humilié le Real d'un cinglant 6-2. Malgré cela, le Barça a encore dicté sa loi.

 

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On s'attendait également à un face-à-face entre deux des meilleurs joueurs de la planète, les deux derniers Ballons d'Or, candidats naturels à leur propre succession. Et j'ai envie de dire qu'entre la technique individuelle et la technique au service du collectif, il y a un monde qui sépare le Portugais de l'Argentin. Même l'argument en faveur de la polyvalence de Ronaldo bat de l'aile : Messi, aligné en pointe à la surprise générale en lieu et place d'Ibrahimovic blessé, a prouvé qu'il peut être aussi efficace au poste d'avant-centre que sur son aile droite. Pendant ce temps, on a vu « the dark side of Cristiano Ronaldo » : simulations, sourire forcé voire désabusé, et tête d'enterrement lorsqu'un de ses partenaires ne daigne lui faire la passe, ou que son coach décide de le remplacer. Tête à claques ouais...

 

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Tiens, c'est marrant ça, si j'inverse Messi, Alves et Puyol, ça marche aussi ?

Faudra que j'essaye Milito en pointe la prochaine fois.

Après tout, si ça marche avec son frère à l'Inter...

 

 

Dans la course au Ballon d'Or, Ronaldo accuse donc une longueur de retard sur son rival d'un soir (si tant est que la course au Ballon d'Or se résume à ces deux joueurs, sachant que le trophée est presque toujours attribué au meilleur joueur de l'équipe qui remporte le Mondial – on a toujours Cannavaro en travers de la gorge –, et que l'Argentine et le Portugal, leurs deux pays respectifs, ne sont pas au mieux en ce moment).

 

 

Barça qui rit, Real qui pleure

 

Toujours est-il que le foot a donc triomphé du fric, et qu'on ne va pas s'en plaindre. Ce refrain – un peu rébarbatif certes –, on le répètera au moins aussi souvent qu'on a répété que pour faire une équipe de foot, il ne suffit pas d'empiler les stars. Car entre le collectif catalan et la brochette d'individualité madrilène, c'est un peu le jour et la nuit. Le contraste n'était peut-être pas aussi saisissant qu'on a pu l'entendre après le match d'hier soir. N'empêche, il y a un monde entre les deux équipes, et les résultats le confirment.

 

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Jour...

 

Alors certes, la saison du Real est loin d'être ridicule, et serait même jugée plus que satisfaisante dans n'importe quel autre club au monde. Mais le Real n'est pas n'importe quel club, et avec les millions investis cet été par la banque d'Espagne (j'ai nommé Florentino Perez), on était en droit d'en attendre beaucoup plus en retour. Reste qu'aujourd'hui, la saison du Real est une catastrophe sur le plan comptable (je ne parle plus de gros sous). Passés la désillusion de l'élimination en Ligue des Champions face aux « petits » Lyonnais, et l'espoir envolé d'une finale à domicile qui leur semblait promise, il ne restait guère que la Liga pour sauver les ambitions du début de saison. Tous les espoirs se sont envolés le temps d'une maudite soirée face à l'éternel rival, et le spectre d'une saison blanche resurgit du côté de la Casa Blanca. Un comble.

 

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...nuit...

 

 

La Coupe du Monde en ligne de mire

 

Un Real-Barça, c'est aussi et forcément une floppée d'internationaux réunis sur la même pelouse, un avant-goût de Coupe du Monde. Et qui dit Coupe du Monde, dit forcément blessure interdite. A moins de deux mois du mondial, tout pépin physique serait presque fatal, d'autant plus pour ces deux machines de précision que sont Messi ou Ronaldo. Pas de bol, hier soir, Lionel Messi était l'homme à abattre – Sergio Ramos ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Quand on voit le traitement de faveur réservé à Messi (le plus vulnérable des deux de par son physique), on se demande encore comment le lutin argentin fait pour sortir indemne de ce match.

 

Ramos

Agresser Lionel Messi en 10 leçons, par Sergio Ramos.

Leçon n°1 : le pied en avant (ne pas hésiter à mettre la semelle).

 

 

En parlant de Coupe du Monde, les Français d'Espagne étaient en grève du côté de Bernabeu. Au coup d'envoi, pas d'Abidal, pas plus de Thierry Henry ou de Lassana Diarra : Domenech n'a guère eu qu'un bout de Benzema à se mettre sous la dent. Peu importe, il a moins eu la chance d'assister à la victoire de la meilleure équipe du monde et de voir à l'action quelques-uns des meilleurs joueurs du monde. Je pense bien évidemment à Messi, peut-être à Ronaldo, mais aussi à Xavi. Le maître à jouer du Barça, auteur de deux offrandes sur les deux buts, est l'archétype même du joueur indispensable à son équipe qui ne sera jamais Ballon d'Or, à la manière d'un Steven Gerrard à Liverpool ou d'un Franck Lampard à Chelsea. Le monde du football est impitoyable.

 

En tout cas, pas de doute possible : le Barça est bien la meilleure équipe du monde. Au moins jusqu'au 22 mai prochain, et la finale de Ligue des Champions, à Santiago Bernabeu...

 

 

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Chacun sa route, chacun son chemin, passe la pommade à ton voisin

 

 

 

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Commenter cet article

Bastien 13/04/2010 12:52


C'est une belle déclaration d'amour envers Messi (et une déclaration de désamour envers Ronaldo ?)


g.?uan 12/04/2010 20:18


La différence entre Messi et Ronaldo est surtout morale : il y en a un qui aime jouer, et l'autre qui aime qu'on le regarde jouer. Et ma foi, ces joueurs n'ont absolument rien en commun. La
technique de Ronaldo est très élaborée, elle est artificielle, elle est presque mécanique. Celle de Messi est spontanée, fluide, naturelle. Ronaldo peut faire tous les abdos qu'il veut par jour :
il n'arrivera jamais à être un joueur intuitif.