Rennes - Bordeaux, 90 minutes inside

Publié le par PYZ Bastien

 

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Il y aurait beaucoup de choses à dire sur la 23ème journée de Ligue 1 : Grenoble qui nous fait son poisson d'avril en plein mois de février (victoire 5-0 contre Auxerre, rien que de l'écrire ça fait quelque chose) ; Montpellier qui évite de se casser le nez à Boulogne (Bruno Skropeta ne peut pas en dire autant) ; Lorient qui flambe et Paris qui brûle sous les yeux de Sarkozy Ier, etc.

Mais j'ai choisi de vous parler d'un Rennes-Bordeaux que j'ai eu la chance de vivre de l'intérieur.

 

Ah ce Rennes-Bordeaux mes amis, toute une histoire... A la base, je suis censé regarder le match bien sagement affalé dans mon canapé devant Foot+. Un petit coup d'oeil furtif sur le programme tv, histoire de m'assurer de l'heure exacte du coup d'envoi. Et là, horreur : Rennes-Bordeaux, 21h, Orange tv. ORANGE TV. Payer un abonnement pour un match par semaine, non, je ne cèderais pas. Mais je ne me démonte pas : si Rennais et Bordelais ne veulent pas venir à moi et jouer dans mon salon, alors j'irais à eux. Aussitôt dit, aussitôt fait, coup de fil à la billetterie du Stade Rennais, passage (salé) à la caisse, et me voici avec le précieux sésame entre les mains.

 

Quelques heures plus tard, j'y suis. Le temps d'échanger un billet handicapé confondu avec celui d'une personne en fauteuil roulant, et me voilà en tribune Super U (ça fait rêver). Mais c'est surtout la suite qui fait rêver : hôtesses de charme, champagne qui coule à flot et petits fours qui me font les yeux doux me confirment que je suis bien en tribune VIP. Une fois installé en tribune, mon pauvre siège en plastique, qui fait pâle figure à côté des fauteuils nominatifs brodés aux couleurs du club, me rappelle que je ne suis pas VIP.

 

En tout cas, VIP ou pas, la confiance règne. En fait, je crois que je suis un peu la mascotte du Stade Rennais (enfin, la deuxième mascotte, après le paquet ambulant de chips Brett's qui se fait tirer dessus à chaque avant-match). Oui, je suis confiant, car les chiffres parlent pour moi. Mes deux derniers matchs Route de Lorient ? Rennes-Lyon l'année dernière, 3-0, triplé Pagistral. Rennes-Montpellier cette année, encore 3-0 face à l'actuel deuxième du championnat. Bref, on a déjà vu pire comme bilan.

 

Face au champion de France en titre et leader du championnat, il n'y a donc pas de raison que ça change. C'est ce que je me dis au moment où Marveaux décide de postuler officiellement pour l'équipe de France. Un premier but après seulement cinq minutes de jeu, un deuxième offert dans la foulée à son pote Jimmy Briand, et il est temps d'aller se ravitailler. Mi-temps, direction le salon privé pour retenter ma chance avec les petits fours (pas les hôtesses). Nouvelle tentative infructueuse. Pas grave, on va se régaler en deuxième période.

 

A peine revenu des vestiaires, Bangoura aggrave la marque. J'ai tout vu – ce qui ne semble pas être le cas de tous les VIP (ça leur apprendra à trainer dans les salons privés et à s'en mettre plein la panse pendant la pause). Rennes 3, Bordeaux 0, le tarif maison est respecté, et le public breton peut commencer à faire la ola.

 

Sauf que Bordeaux reste Bordeaux, et qu'on a encore tous en tête la victoire girondine arrachée dans les dernières minutes l'an dernier. En cinq minutes, Bordeaux revient dans le match sur deux coups de pied arrêtés, un grand classique du côté de la Gironde. A côté de moi, deux fans de Chamakh sortis tout droit de nulle part, ont débarqués pendant la mi-temps (comme si on ne payait pas sa place assez cher pour n'assister qu'à la deuxième mi-temps). Les mecs braillent chaque fois que le Marocain touche le ballon, l'atmosphère devient irrespirable.

 

C'est à ce moment là qu'Antonetti décide de ranger Briand au placard et de sortir Gyan de sa boîte. Sur ce qui doit être son premier ballon touché, le finaliste de la CAN qui vient tout juste de s'achever, tue le match sur un enchaînement de toute beauté : contrôle orienté, petit pont pour éviter la faucheuse Planus, et frappe enroulée prolongée dans ses propres buts par la main pas ferme de Carasso. 4-2, la messe est dite.

 

Sortie du stade précipitée, chacun cherche à regagner son véhicule au plus vite pour s'éviter les traditionnels bouchons d'après-match. Une fois dans la voiture, la radio annonce la couleur : Bordeaux chute à Rennes (bah oui, Rennes n'a pas gagné 4-2, c'est Bordeaux qui a perdu 2-4). La nouvelle semble faire sensation. Pourtant, avec l'assurance d'avoir le ticket gagnant entre les mains, quelque chose me disait avant même le coup d'envoi que ça sentait bon route de Lorient (et je ne parle même pas de l'odeur des galettes-saucisse). Tellement bon que je reviendrais sans doute la prochaine fois...



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