Sale temps pour les gros

Publié le par Bastien PYZ

 

C'est un début de saison plutôt particulier que nous vivons dans les championnats européens majeurs. Conséquence directe d'un après-Mondial difficile à digérer pour les équipes qui comptent plusieurs internationaux dans leurs rangs, la plupart des grosses cylindrées ont du mal à passer la seconde. Une reprise tardive et un recrutement de dernière minute (cf. le cas Gourcuff à Lyon) ne sont certainement pas étrangers à ce démarrage poussif dans certains clubs.

 

En effet, la trêve estivale peut servir de période de réglage des automatismes avec une reprise de l'entraînement anticipée et de nombreux matchs amicaux pour se jauger. Mais 2010 est une année particulière, Coupe du Monde oblige. Les internationaux ont pu profiter de vacances plus longues que d'habitude, ce qui a retardé leur retour à la compétition, avec pour conséquence un temps d'adaptation plus important pour se remettre dans le rythme. Pendant ce temps, certaines équipes se sont remises au boulot très tôt durant l'été, et tournent aujourd'hui à plein régime. Ce qui peut expliquer le fait que des équipes comme Saint-Etienne, Brescia ou Mayence se retrouvent aujourd'hui en haut de l'affiche dans leur championnat respectif.

 

Ce qui n'est pas le cas des clubs habitués à truster le haut de tableau : Liverpool à la limite de la zone rouge, Manchester United accroché par Bolton ou Arsenal battu à domicile par le promu West Bromwich Albion en Angleterre, le Real et le Barça qui lâchent des points face à Majorque ou Hercules Alicante en Espagne, la Roma et la Fiorentina relégables, ainsi que la Juve distancée ou le Milan qui tombe face à Cesena en Italie, le Bayern battu par Mayence, et le Werder, Stuttgart et Schalke relégables en Allemagne ; la liste est longue.

 

En France, l'OM commence seulement à se réveiller après sa défaite improbable contre le Spartak Moscou en Ligue des Champions, pendant que Bordeaux, absent de toutes compétitions européennes cette saison, est encore à moitié endormi. Mais c'est surtout du côté de l'OL que la situation est la plus critique. Le club s'enfonce actuellement dans ce qui ressemble à la plus grave crise de son histoire depuis le début de l'ère Aulas, après avoir franchi les paliers les uns après les autres et glané une bonne dizaine de titres, dont sept championnats de France, entre 2000 et 2008. C'était avant l'arrivée de Claude Puel.

 

En disgrâce auprès des supporters depuis un bon bout de temps déjà, Puel, qui n'a donc pas rapporté le moindre titre à l'OL depuis son arrivée et incarne à lui seul le déclin d'un club qui s'était habitué à tout rafler sur son passage, a du provoquer en plus le courroux de son président après la défaite hier soir face à l'ennemi héréditaire, Saint-Etienne, qui ne pensait plus pouvoir un jour à la fois triompher en terres lyonnaises, et précipiter en même temps le rival dans la crise. Comme quoi, les temps changent.

 

Aujourd'hui, il semble que l'ancien lillois soit sur un siège éjectable. Et si Aulas n'a pas encore appuyé sur le bouton, malgré la vindicte populaire, c'est qu'il a ses raisons. La première est d'ordre économique : le licenciement de Puel, qui a signé pour quatre ans, et qui n'en est qu'à la moitié de son contrat, coûterait cher (c'est certainement pour cette raison que les supporters réclament plutôt sa démission, même si celle-ci paraît peu probable). L'autre frein, c'est la Ligue des Champions. En effet, si l'OL est à la ramasse en championnat, il reste sur un succès face à Schalke qui lui permet d'occuper la tête de son groupe, et d'ores et déjà, de se placer dans la course au 8èmes de finale (après une demi-finale l'an dernier, ne l'oublions pas). Mais un faux-pas sur la scène européenne serait très certainement la goutte d'eau qui ferait déborder le vase, et scellerait sans doute définitivement le sort de Puel.

 

Wait & see, c'est probablement la logique adoptée par Aulas, qui n'a pas pour habitude d'agir dans la précipitation (et jusque là, on peut dire que ça lui a plutôt réussi). Le président lyonnais souhaite encore se laisser du temps avant de prendre une décision. Les supporters, eux, n'ont plus le temps d'attendre. Il faut en tout cas espérer qu'en laissant faire les choses et en retardant l'échéance d'un changement d'entraîneur, le successeur de Puel (Lippi, Le Guen... Alain Perrin ?) ne récupère un groupe dans une situation pire que celle dans laquelle il se trouve actuellement...

 

 

Puel.jpgY'a t-il un pilote dans l'avion ? Claude Puel, en tout cas, est paré au décollage

 

 

 

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